
L’Éthiopie franchit un pas stratégique vers l’autosuffisance agricole. Le milliardaire nigérian Aliko Dangote, à travers son conglomérat Dangote Industries Limited, a annoncé en partenariat avec Ethiopian Investment Holdings (EIH) la construction d’une usine d’engrais d’une valeur de 2,5 milliards de dollars à Gode, dans la région Somali.
Avec une capacité annuelle estimée à 3 millions de tonnes, ce projet figure parmi les plus ambitieux jamais lancés sur le continent africain. L’usine sera conçue pour produire divers types d’engrais destinés à répondre aux besoins croissants de l’agriculture locale et régionale.
Selon les promoteurs, cette infrastructure permettra à l’Éthiopie de réduire sa dépendance aux importations d’engrais, de stabiliser les prix sur le marché intérieur et de soutenir les millions de petits exploitants agricoles qui constituent l’épine dorsale de l’économie nationale.
Pour les autorités éthiopiennes, ce partenariat marque un tournant majeur. L’agriculture, qui représente près de 40 % du PIB et plus de 70 % des emplois, souffre encore d’un faible rendement dû à la dépendance aux engrais importés et aux coûts élevés de production.
« Ce projet est une opportunité historique pour transformer notre agriculture, améliorer la productivité et renforcer la sécurité alimentaire », a déclaré un représentant d’Ethiopian Investment Holdings.
Au-delà de l’Éthiopie, l’usine ambitionne de positionner le pays comme un hub régional de production et d’exportation d’engrais vers les marchés de la Corne de l’Afrique, de l’Afrique de l’Est et même au-delà. Cette dimension panafricaine s’inscrit dans la vision de Dangote, déjà leader sur le marché du ciment, de réduire la dépendance structurelle de l’Afrique vis-à-vis des importations.
Pour Aliko Dangote, ce projet s’inscrit dans la continuité de sa stratégie d’investissement dans les secteurs clés du développement africain :
« L’Afrique doit produire ce qu’elle consomme. Avec cette usine, nous voulons non seulement soutenir les agriculteurs éthiopiens, mais aussi contribuer à l’intégration économique régionale », a-t-il affirmé.
Le projet devrait générer des milliers d’emplois directs et indirects et stimuler l’économie locale. Par ailleurs, il est attendu qu’il favorise le transfert de technologies, la formation de techniciens locaux et l’amélioration des infrastructures de transport et d’énergie dans la région de Gode.
Par Coco Kingson Cabamba



