
Un collectif de victimes du ralentissement prolongé des activités de la Minière de Bakwanga (MIBA SA) a officiellement déposé une plainte auprès de la Cour de cassation à Kinshasa. Ces anciens travailleurs, fournisseurs et partenaires commerciaux exigent réparation pour les préjudices subis depuis plusieurs années.
Selon leur requête adressée au Procureur Général près la Cour de cassation, la suspension quasi-totale des activités de la MIBA a entraîné une série de conséquences économiques et sociales dramatiques dans la région du Kasaï oriental. La société minière, jadis considérée comme le poumon économique du Grand Kasaï, a cessé de générer des revenus réguliers, plongeant des milliers de familles dans une précarité aiguë.
Le collectif rappelle qu’en 2021, l’État congolais, actionnaire majoritaire de la MIBA, avait procédé à une recapitalisation à hauteur de 50 millions de dollars américains (USD). Pourtant, malgré cet apport financier, la société n’a pas redémarré ses activités de manière effective, privant les ayants droit et créanciers de leurs bénéfices légitimes.
Les victimes dénoncent également l’inexécution des engagements pris par les dirigeants de la société et réclament l’intervention de la justice afin de contraindre la MIBA à honorer ses obligations. Elles estiment que les lenteurs administratives et la mauvaise gestion ont aggravé la situation, transformant un espoir de relance en nouvelle désillusion.
Par ailleurs, le collectif demande à l’État congolais, principal actionnaire, d’assumer pleinement sa responsabilité dans ce dossier. La relance effective de la MIBA est jugée indispensable non seulement pour les victimes directes, mais aussi pour toute l’économie du Kasaï, durement frappée par le chômage massif et la pauvreté consécutive à l’arrêt des activités minières.
En attendant la suite judiciaire, ces anciens employés et partenaires de la MIBA disent vouloir obtenir justice afin que leurs droits soient reconnus et que des mesures urgentes soient prises pour mettre fin à cette « situation d’abandon » qui n’a que trop duré.
Par Coco Kingson Cabamba

