
Uvira, 04 septembre 2025 – La ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, connaît pour le troisième jour consécutif des manifestations populaires d’envergure. Depuis le mardi 02 septembre, des centaines d’habitants, majoritairement des jeunes, descendent chaque matin dans les rues pour réclamer le départ immédiat du Général de Brigade Olivier Gasita, actuel commandant des opérations et des renseignements dans la région.
Les protestataires reprochent au Général Gasita « d’avoir fait preuve d’une passivité inacceptable » lors de la chute de la ville de Bukavu, survenue en février 2025, après une offensive surprise des groupes armés. Selon plusieurs manifestants, le haut gradé aurait disposé de toutes les informations nécessaires pour anticiper cette attaque, mais n’aurait pas pris les mesures urgentes pour protéger la capitale provinciale du Sud-Kivu.
« Nous n’avons plus confiance en lui. Un commandant qui laisse tomber Bukavu sans réagir ne peut pas continuer à gérer la sécurité d’Uvira », a déclaré un manifestant rencontré au rond-point Kavimvira.
Les cortèges se forment dès les premières heures de la journée, avec des barricades érigées sur plusieurs axes principaux de la ville, notamment sur la route nationale n°5 qui relie Uvira à Bukavu. Les activités scolaires et commerciales tournent au ralenti, certaines écoles ayant choisi de fermer par mesure de sécurité.
La Police Nationale Congolaise (PNC), appuyée par des unités militaires, a tenté à plusieurs reprises de disperser les rassemblements en usant de gaz lacrymogènes. Malgré cela, les manifestants promettent de maintenir la pression jusqu’à obtenir gain de cause.
De son côté, l’administration locale dit comprendre les frustrations de la population mais appelle à la retenue. « Les revendications citoyennes sont légitimes, mais elles doivent s’exprimer dans le respect de l’ordre public », a indiqué un responsable du gouvernement provincial joint par téléphone.
Aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée du côté du Général Gasita, ni de l’État-major général des FARDC. Toutefois, des sources sécuritaires proches du dossier affirment que Kinshasa suit de près la situation et envisage une médiation.
Ces manifestations reflètent un profond malaise sécuritaire dans le Sud-Kivu, une province marquée par la présence persistante de groupes armés et des tensions récurrentes entre communautés. La chute de Bukavu, encore fraîche dans les mémoires, a renforcé la méfiance de la population envers certains responsables militaires jugés inefficaces ou complaisants.
Pour de nombreux habitants d’Uvira, l’avenir de la stabilité locale dépendra des décisions que prendra le gouvernement central face à cette contestation populaire.
La rédaction

