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UVIRA : La marche contre l’officier Gasita vire au drame, cinq morts enregistrés

La cité d’Uvira, dans le Sud-Kivu, est sous haute tension ce lundi après une marche organisée contre l’installation du colonel Olivier Gasita à la tête d’une unité militaire locale. Selon plusieurs sources, la répression de cette manifestation a déjà causé au moins cinq morts et plusieurs blessés, plongeant la population dans la peur et l’incertitude.

La marche, initiée par la société civile locale avec le soutien de certains groupes d’autodéfense, dont les Wazalendo, avait pour objectif de dénoncer la nomination de l’officier Gasita. Les manifestants l’accusent de collusion avec la rébellion de l’AFC/M23, active dans l’est de la RDC.

« Nous avons des preuves qu’il facilite la progression de l’ennemi dans notre région », a affirmé un membre de la coordination de la société civile d’Uvira.

Les protestataires estiment que sa présence pourrait ouvrir la voie à une infiltration plus rapide de la ville par les rebelles, mettant en péril la sécurité de milliers de civils.

Des témoins rapportent que les forces de sécurité ont tenté de disperser la foule à coups de gaz lacrymogène et de tirs à balles réelles, ce qui aurait provoqué la mort de cinq manifestants. Le bilan reste encore provisoire, certains blessés étant dans un état critique à l’hôpital général d’Uvira.

Cette situation ravive les inquiétudes dans une zone déjà marquée par la présence de multiples groupes armés et par une insécurité chronique.
Les accusations portées contre l’officier Gasita illustrent la méfiance croissante entre une partie de la population et certains représentants de l’armée congolaise.

Un analyste basé à Bukavu souligne :

« L’enjeu dépasse la seule personne du colonel Gasita. Cela reflète une crise de confiance profonde entre la population, l’armée et les autorités, dans un contexte où l’AFC/M23 continue de menacer l’intégrité territoriale du pays. »

Face à cette escalade, plusieurs organisations locales appellent le gouvernement central et le commandement militaire à suspendre la prise de fonctions contestée et à ouvrir une enquête indépendante sur les accusations visant l’officier Gasita.

Dans l’attente, la population d’Uvira reste sur le qui-vive, craignant de nouvelles violences.

Par Coco Kingson Cabamba

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