
Les révélations autour du commandement des Forces démocratiques alliées (ADF) prennent une dimension internationale. Selon des sources sécuritaires congolaises, un ressortissant yéménite, connu sous le nom d’Abou Akkhas, alias Abwakasi, aurait pris la direction de ce groupe terroriste affilié à l’État islamique.
Originaire du Yémen, Abou Akkhas est aujourd’hui considéré comme le chef opérationnel des ADF, mouvement actif depuis plusieurs décennies dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et récemment dans la Tshopo. Aux côtés de ses proches collaborateurs – Kasibande alias Difenda, Ciramanda et Cheikh Oumari – il piloterait les attaques meurtrières menées contre les populations civiles et les forces armées.
D’après les renseignements recueillis, Abou Akkhas est directement impliqué dans le massacre de Ntoyo, survenu début septembre. Cette attaque, qui a coûté la vie à plusieurs dizaines de civils, a été rapidement revendiquée par l’État islamique à travers ses canaux de propagande. Des vidéos diffusées par les ADF montrent le chef terroriste sur le terrain, orchestrant les opérations, ce qui confirme son rôle central dans l’organisation des violences.
L’identification d’un commandant d’origine étrangère à la tête des ADF souligne une réalité inquiétante : la connexion entre ce groupe rebelle congolais et des réseaux terroristes internationaux. Cette évolution atteste de la radicalisation accrue des ADF, dont les méthodes et l’idéologie se rapprochent de plus en plus de celles de l’État islamique, renforçant la menace sur la stabilité régionale.
Face à cette menace transnationale, les Forces armées de la RDC (FARDC) et les services de renseignement ont annoncé le renforcement des opérations militaires conjointes dans les zones touchées. « La présence d’un chef étranger prouve que les ADF ne sont pas seulement un problème congolais, mais une menace régionale et internationale », a indiqué un haut responsable sécuritaire, sous couvert d’anonymat.
Parallèlement, des initiatives diplomatiques sont en cours avec les pays voisins et les partenaires internationaux pour améliorer la coordination dans la lutte antiterroriste.
Pendant ce temps, les habitants de l’Est continuent de vivre dans la peur des attaques. À Ntoyo comme ailleurs, les survivants témoignent de la brutalité des assaillants et appellent à une protection renforcée. Les organisations de la société civile demandent à l’État congolais de redoubler d’efforts pour restaurer la sécurité et éviter que des groupes terroristes étrangers ne s’enracinent davantage sur le territoire national.
Par Coco Kingson Cabamba


