
Un récent rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF) met en lumière de graves irrégularités dans la gestion des fonds d’investissement alloués au Gouvernement provincial du Kasaï-Oriental. L’enquête révèle un écart significatif de 8,683 milliards de CDF pour l’exercice 2024 entre les montants transférés par le Trésor Public et ceux déclarés par les autorités provinciales.
Selon le rapport, le Trésor Public a effectué des envois à hauteur de CDF 9,137 milliards pour l’exercice 2024 et de CDF 227 millions pour le premier semestre 2025, soit un total de CDF 9,364 milliards. Cependant, le Gouvernement provincial n’a reconnu que CDF 454 millions dans son rapport de reddition des comptes, créant un déficit de concordance évalué à CDF 8,683 milliards.
L’IGF souligne que cette situation contrevient aux principes de sincérité et de transparence budgétaires consacrés par la loi relative aux Finances Publiques.
L’enquête a permis de retracer une partie des fonds à travers plusieurs virements opérés vers des comptes de la Province. L’IGF a identifié six transferts d’un montant global de CDF 681 millions, dont CDF 454 millions pour 2024 et CDF 227 millions pour le premier semestre 2025.
Ces fonds ont été logés notamment dans les comptes suivants :
- FIRSTBANK (N°00014-2700-2420955297-85)
- TMB (N°000017-2700-7012056000-72)
Toutefois, l’Inspection précise qu’il n’a pas été possible de retracer directement la comptabilisation de ces montants dans les écritures officielles du Comptable Public Principal, ce qui nourrit davantage les soupçons de mauvaise gestion.
Face à ces écarts et à l’absence d’éléments de justification, l’équipe de contrôle de l’IGF a sollicité des explications de la part du Gouvernement provincial. Elle considère que le manque de concordance constitue une irrégularité majeure et appelle à des clarifications rapides pour lever les zones d’ombre entourant la gestion de ces fonds publics.
Ce rapport intervient dans un contexte où la gouvernance financière des provinces est de plus en plus scrutée par les institutions de contrôle et la société civile. La question de la transparence dans l’utilisation des ressources publiques reste un défi majeur, alors que les besoins en infrastructures et services sociaux de base demeurent pressants au Kasaï-Oriental.
L’IGF rappelle que l’absence de traçabilité et de sincérité budgétaire peut compromettre la confiance des partenaires et retarder la mise en œuvre de projets essentiels au développement de la province.
Par Coco Kingson Cabamba



