
La polémique enfle après les propos du ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, qualifiant de « stupide » la demande de la République démocratique du Congo (RDC) à l’ONU pour la reconnaissance d’un « génocost » commis sur son sol depuis 1996. Une sortie jugée méprisante qui a suscité de vives réactions au sein de la classe politique congolaise, parmi lesquelles celle de l’opposant Eugène Diomi Ndongala.
Dans une déclaration publiée sur le site de son parti, Démocratie Chrétienne, Diomi Ndongala dénonce un « négationnisme arrogant et une grossièreté diplomatique », estimant que les propos du ministre rwandais constituent une insulte aux millions de victimes congolaises des guerres et violences attribuées aux interventions militaires et milices soutenues par Kigali.

« Une gifle à la mémoire des victimes »
Pour l’ancien député national, ces déclarations ne sont pas de simples maladresses diplomatiques, mais une véritable provocation.
« Le terme employé par Nduhungirehe est une gifle à la mémoire des victimes congolaises, une banalisation insupportable des souffrances de notre peuple », écrit Eugène Diomi Ndongala.
Rappelant les conclusions du Rapport Mapping des Nations unies de 2010, qui documente des crimes graves commis en RDC entre 1993 et 2003, l’opposant estime que la stratégie du Rwanda consiste à nier l’évidence et à détourner le débat en brandissant systématiquement le génocide des Tutsis de 1994 comme paravent.

Le poids d’un lourd passé sanglant
Depuis 1996, l’Est de la RDC a été le théâtre de violences récurrentes, causant la mort de 6 à 8 millions de personnes selon plusieurs organisations. Massacres de civils, déplacements massifs, violences sexuelles et exploitation illégale des ressources minières sont régulièrement attribués aux interventions rwandaises directes ou par l’intermédiaire de groupes armés tels que le M23.
Diomi Ndongala souligne que les récentes exactions commises à Rutshuru et dans d’autres localités du Nord-Kivu – dénoncées par l’ONU et par des ONG comme Human Rights Watch – confirment la continuité de ce cycle de violence.
Un appel à la justice internationale
Face à ce qu’il considère comme un déni insupportable, l’opposant appelle la communauté internationale à sortir de son silence :
« La RDC ne réclame pas des faveurs, mais la justice. Il est urgent que le Conseil des droits de l’Homme et le Conseil de sécurité des Nations unies reconnaissent la gravité des crimes commis et établissent les responsabilités », insiste-t-il.
Eugène Diomi Ndongala plaide également pour que des sanctions ciblées soient renforcées contre les responsables et leurs soutiens, afin de mettre fin à une impunité qui dure depuis trois décennies.
Une crise diplomatique en gestation
Ces échanges tendus interviennent alors que se poursuit le processus de paix de Washington, censé ramener la stabilité dans la région des Grands Lacs. Or, pour Diomi Ndongala, les propos du chef de la diplomatie rwandaise risquent de « torpiller » ces discussions déjà fragiles.
« La paix dans la région ne pourra être construite ni sur le déni, ni sur l’arrogance. Elle exige vérité, justice et respect des victimes », conclut-il.
Par Coco Kingson Cabamba



