
La Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo a annoncé, ce vendredi, qu’elle rendrait sa décision dans le délai légal concernant le procès très médiatisé de l’ancien président Joseph Kabila. Après plusieurs semaines d’audiences marquées par de vives tensions, l’affaire est désormais en délibéré.
Lors de l’audience du jour, les avocats de la République, constitués partie civile, ont surpris la cour en annonçant leur décision de renoncer à la comparution de trois témoins initialement prévus. Cette démarche a été motivée, selon eux, par « des contraintes sécuritaires » qui rendaient difficile la présentation de ces témoins clés devant la juridiction militaire.
Dans leurs plaidoiries, les représentants de la République ont par ailleurs plaidé pour que la peine de mort, légalement encourue dans ce type de procès, soit écartée. Ils ont préféré requérir une condamnation à la prison à perpétuité contre l’ancien chef de l’État.
En parallèle, ils ont sollicité une révision du montant des dommages et intérêts réclamés à l’accusé, le portant à 30 milliards de dollars américains, une somme jugée proportionnelle à la gravité des faits reprochés et à l’ampleur du préjudice causé à la Nation.
De son côté, le représentant de l’Auditeur général des Forces armées de la RDC (FARDC) a maintenu sans réserve son réquisitoire, réaffirmant les charges portées contre Joseph Kabila. Il a insisté sur la nécessité pour la haute juridiction de rendre une décision « à la hauteur de la gravité des infractions ».
Ce procès, inédit par son envergure et par la personnalité de l’accusé, suscite un suivi attentif tant à l’intérieur du pays qu’à l’international. La décision de la Haute Cour militaire, attendue dans le délai légal, devrait marquer un tournant judiciaire et politique en RDC.
En attendant le verdict, les observateurs soulignent que les choix stratégiques des différentes parties – renonciation à des témoins, appel à écarter la peine capitale, ou maintien du réquisitoire – reflètent la complexité d’un dossier aux enjeux multiples, où se mêlent droit, sécurité et considérations politiques.
Par Coco Kingson Cabamba

