
Dans une déclaration qui suscite de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique congolaise, l’abbé Blaise Kanda s’est exprimé sur la perception du chef de l’État, Félix Tshisekedi, en appelant à un débat politique plus apaisé et dénué de considérations tribales.
S’exprimant devant des fidèles et relayé largement sur les réseaux sociaux, le prêtre a lancé une formule marquante :
« Vous avez le droit de le haïr. Laissez-nous le devoir de le soutenir. Si vous dites que je le soutiens car il est de chez nous, laissez-moi vous dire que vous le haïssez car il n’est pas de chez vous. »
Par ces propos, l’abbé Kanda entend dénoncer les critiques souvent teintées de régionalisme ou d’hostilité identitaire qui visent le Président Tshisekedi depuis son accession au pouvoir. Selon lui, le débat démocratique ne devrait pas s’enliser dans une logique d’« appartenance » mais s’orienter vers une évaluation des actions et des résultats de la gouvernance.
Le religieux rappelle que le soutien à une autorité politique ne doit pas être réduit à une solidarité tribale, mais peut relever d’un choix rationnel fondé sur la vision et les réalisations.
Si certains saluent le courage de l’abbé Kanda pour avoir brisé le silence sur un sujet sensible, d’autres estiment que l’homme d’Église s’aventure trop dans l’arène politique. Plusieurs internautes et acteurs sociaux ont réagi vivement, certains l’accusant de faire « le jeu du pouvoir », tandis que d’autres défendent son droit à exprimer une opinion citoyenne.
Cette sortie intervient dans un contexte où l’Église catholique et d’autres confessions religieuses jouent un rôle central dans la vie publique congolaise. Les prises de position des responsables religieux sont souvent perçues comme des baromètres de l’état de la société.
L’abbé Kanda, en affirmant soutenir le Président Tshisekedi « par devoir », pose ainsi la question de l’engagement citoyen des croyants et de l’attitude à adopter face aux divisions politiques qui traversent la République démocratique du Congo.
À travers ce message, le prêtre plaide pour une approche moins passionnelle et plus constructive de la politique congolaise. Son appel met en lumière la nécessité pour la classe politique, mais aussi pour les citoyens, de dépasser les clivages identitaires afin de favoriser une gouvernance inclusive et un débat démocratique centré sur l’intérêt général.
Par Coco Kingson Cabamba

