
Dans une annonce historique, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie ont officiellement reconnu ce dimanche l’État de Palestine, marquant un tournant majeur dans la diplomatie internationale au Proche-Orient. Cette triple reconnaissance, presque simultanée, s’inscrit dans la volonté affirmée de ces pays de soutenir une solution à deux États, tout en rejetant toute légitimité politique au Hamas.
Une décision coordonnée et symbolique
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a été le premier à s’exprimer publiquement depuis Downing Street. Il a déclaré que la reconnaissance de l’État palestinien constituait « un pas nécessaire et courageux pour donner une perspective de paix durable entre Israéliens et Palestiniens ». Quelques minutes plus tard, ses homologues canadien et australien ont annoncé la même décision, confirmant l’existence d’une coordination diplomatique entre les trois pays du Commonwealth.
Cette reconnaissance s’accompagne d’un message clair : la communauté internationale doit dépasser les blocages des dernières décennies et offrir aux Palestiniens une légitimité étatique leur permettant de s’asseoir à la table des négociations au même titre qu’Israël.
Si Londres, Ottawa et Canberra insistent sur la nécessité d’un État palestinien viable et souverain, ils excluent toutefois toute possibilité que le Hamas, qualifié d’organisation terroriste par ces trois gouvernements, puisse jouer un rôle politique dans la future Palestine.
« La reconnaissance d’un État palestinien ne signifie pas la reconnaissance du Hamas. L’avenir doit appartenir à un leadership légitime, démocratique et pacifique », a souligné le Premier ministre canadien
La décision a immédiatement suscité des réactions contrastées.
- Du côté palestinien, l’Autorité nationale palestinienne a salué « un pas historique et un acte de justice attendu depuis trop longtemps ».
- En Israël, le gouvernement a dénoncé une décision « irresponsable », affirmant qu’elle risque de « récompenser le terrorisme et de fragiliser la sécurité d’Israël ».
- À Bruxelles, l’Union européenne a indiqué qu’elle « prenait acte de cette décision » et qu’elle poursuivrait ses discussions internes, certains États membres étant favorables à une reconnaissance similaire.
La reconnaissance simultanée par trois puissances occidentales pourrait inciter d’autres États à suivre le mouvement. Jusqu’ici, plus de 140 pays dans le monde reconnaissent déjà l’État de Palestine, mais le poids diplomatique du Royaume-Uni, du Canada et de l’Australie confère une nouvelle dimension au dossier.
Pour de nombreux analystes, cette annonce place une pression supplémentaire sur Washington, principal allié d’Israël, qui continue de refuser une reconnaissance unilatérale sans négociation préalable.
Alors que la situation sur le terrain demeure explosive, avec des violences récurrentes en Cisjordanie et à Gaza, la reconnaissance internationale de la Palestine pourrait redonner un souffle au processus de paix, longtemps enlisé. Toutefois, l’avenir dépendra de la capacité des deux camps à reprendre un dialogue direct et sincère.
Une page nouvelle s’ouvre donc dans l’histoire du conflit israélo-palestinien, même si l’issue reste incertaine.
Par Coco Kingson Cabamba



