
Une transformation numérique ambitieuse pourrait injecter 9.800 milliards de Francs congolais supplémentaires dans l’économie de la République démocratique du Congo (RDC) d’ici à 2029. C’est la conclusion majeure d’un rapport de la Global System for Mobile Communications (GSMA), dévoilé le 20 septembre 2025 en marge du Africa Summit DRC.
Intitulé « Stimuler la croissance économique grâce à la transformation numérique en RDC », le document de l’association qui fédère l’industrie mobile mondiale souligne le potentiel considérable du pays, mais alerte aussi sur les obstacles substantiels qui entravent son développement.
Avec une population excédant les 100 millions d’habitants, majoritairement jeune, la RDC dispose d’un terreau fertile pour une révolution numérique. Le téléphone mobile s’y est déjà imposé comme l’outil principal d’accès aux services essentiels, en particulier pour les services financiers. Dans un pays où l’accès aux banques traditionnelles reste limité, l’argent mobile est devenu un pilier de l’inclusion financière pour des millions de Congolais.
Cependant, le rapport de la GSMA dresse un constat sans appel : la fracture numérique reste un frein puissant à la croissance. Seulement 45 % de la population a actuellement accès à Internet mobile. Les disparités géographiques sont criantes : les zones rurales, souvent dépourvues d’infrastructures de base et d’un accès fiable à l’électricité, sont laissées pour compte. De plus, le coût élevé des smartphones et des forfaits data les rend prohibitifs pour une large partie de la population.
Un autre défi de taille réside dans l’environnement fiscal. Les opérateurs mobiles évoluent dans un paysage marqué par une multiplicité de taxes sectorielles et des procédures administratives lourdes. Selon la GSMA, cette complexité fiscale menace directement la viabilité des investissements et freine le déploiement et l’entretien des réseaux, notamment dans les régions les moins rentables.
Pour libérer le potentiel de croissance de 9.800 milliards FC, le rapport propose une feuille de route structurée autour de trois leviers d’action prioritaires :
- Moderniser les cadres fiscaux : Il s’agit de simplifier et d’harmoniser la fiscalité applicable au secteur mobile. Un cadre fiscal plus prévisible et attractif est essentiel pour réduire les coûts des opérateurs, attirer les investissements étrangers et, in fine, permettre une baisse des prix pour les consommateurs.
- Renforcer la planification des infrastructures : La GSMA appelle à une meilleure coordination des politiques publiques, notamment entre les ministères en charge du numérique et de l’énergie. Une planification concertée est cruciale pour étendre la couverture réseau et résoudre le déficit énergétique dans les zones rurales.
- Accélérer le développement des compétences numériques : Former la prochaine génération est indispensable. Le rapport préconise le développement de programmes de formation et d’éducation numériques, via des partenariats innovants entre le secteur public et les acteurs privés du digital.
La mise en œuvre rapide et déterminée de ces réformes pourrait avoir un impact transformateur. Selon les projections de la GSMA, la RDC pourrait connecter près de 10 millions de nouveaux utilisateurs à Internet mobile d’ici 2029. Au-delà des chiffres, c’est une croissance économique plus inclusive et durable qui est en jeu, permettant au pays de saisir pleinement les opportunités offertes par le XXIe siècle digital.
L’appel de la GSMA place donc les autorités congolaises devant une opportunité historique : celle de faire du numérique le véritable levier de développement économique et social pour les années à venir.
Par Coco Kingson Cabamba



