
Le député français au Parlement européen, Thierry Mariani, a vivement critiqué l’attitude de l’Union européenne (UE) dans le dossier de l’agression rwandaise contre la République démocratique du Congo (RDC). Selon lui, les décisions prises par Bruxelles traduisent une « incohérence flagrante » et risquent d’affaiblir la crédibilité de l’Europe sur la scène internationale.
« L’incohérence européenne est à son comble ! L’UE s’apprête à donner 51 millions d’euros au Rwanda pour son secteur minier, alors qu’il pille les ressources et massacre des civils en RDC. Le Parlement européen condamne. Mais la Commission finance le recel d’un vol », a dénoncé M. Mariani dans une déclaration relayée ce samedi.
La polémique concerne un programme de financement de 51 millions d’euros que la Commission européenne envisage d’accorder au Rwanda pour soutenir son secteur minier. Cette décision intervient alors que Kigali est accusé par Kinshasa et par plusieurs organisations internationales d’être impliqué dans le pillage des minerais stratégiques à l’Est de la RDC, en lien avec le groupe armé M23.
Pour Thierry Mariani, ce soutien financier est en totale contradiction avec les résolutions du Parlement européen, qui ont plusieurs fois condamné l’agression rwandaise et demandé des sanctions contre les responsables. « On ne peut pas, d’un côté, dénoncer des massacres et, de l’autre, financer ceux qui en sont complices », a-t-il ajouté.
Cette sortie du député français relance le débat au sein de l’opinion européenne sur la cohérence de la politique étrangère de l’UE en Afrique centrale. Plusieurs eurodéputés avaient déjà exprimé leurs réserves face à la « complaisance » de la Commission envers Kigali, malgré les preuves documentées de violations graves des droits humains en RDC.
Du côté congolais, les autorités ne cessent de demander un alignement clair entre les déclarations de principe des partenaires internationaux et leurs actes concrets. Le gouvernement de Kinshasa estime que tout appui direct ou indirect au Rwanda alimente l’instabilité à l’Est et prolonge la souffrance des populations civiles.
La prise de position de Thierry Mariani pourrait accentuer les tensions entre le Parlement européen et la Commission. Si le premier continue de dénoncer l’agression rwandaise et d’appeler à des sanctions, la seconde privilégie encore une approche « coopérative » avec Kigali.
Ce fossé risque de nourrir des divisions internes, au moment où l’Union européenne est appelée à jouer un rôle plus ferme dans la stabilisation de la région des Grands Lacs.



