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Joseph Kabila jugé coupable de trahison et crimes contre l’humanité, condamné à mort

C’est un verdict historique qui vient de tomber à Kinshasa. La Haute Cour militaire de la République Démocratique du Congo (RDC) a condamné, ce mardi, l’ancien président Joseph Kabila Kabange à la peine de mort pour trahison, crimes contre l’humanité et complicité avec des groupes armés. Ce jugement, prononcé par contumace, s’accompagne également de lourdes réparations financières s’élevant à plusieurs dizaines de milliards de dollars, réclamés par l’État congolais et les victimes des violences survenues principalement dans l’Est du pays.

Ouvert depuis juillet 2025, ce procès a tenu en haleine l’opinion nationale et internationale. Jamais dans l’histoire du Congo un ancien chef de l’État n’avait été traduit en justice pour répondre de crimes graves tels que viol, torture, exécutions sommaires, déportations, et crimes de guerre.
L’ancien président, qui a dirigé le pays de 2001 à 2019, n’a pas comparu devant la justice congolaise. Il est poursuivi in absentia, après la levée de son immunité parlementaire par le Sénat en mai dernier.

Selon l’arrêt de la Haute Cour militaire, Joseph Kabila est reconnu coupable de :

  • Trahison et complot avec des puissances étrangères, en particulier pour sa présumée complicité avec le mouvement rebelle M23 ;
  • Crimes contre l’humanité liés aux violences commises dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri ;
  • Crimes de guerre incluant des assassinats ciblés, des viols de masse et des actes de torture ;
  • Enrichissement illicite et détournement massif de fonds publics.

Au terme des délibérations, la Cour a suivi les réquisitions du ministère public en prononçant la peine de mort. En outre, le jugement prévoit le paiement de plusieurs milliards de dollars à l’État congolais ainsi qu’aux victimes, en guise de réparations.
Selon les estimations des parties civiles, le préjudice cumulé dépasserait les 20 milliards de dollars, une somme destinée à indemniser les provinces meurtries par les conflits armés et à financer des programmes de reconstruction.

La décision a immédiatement suscité des réactions contrastées.

  • Les associations de victimes ont salué un « acte de justice attendu depuis des décennies », estimant que le verdict marque un tournant dans la lutte contre l’impunité en RDC.
  • Du côté des partisans de Joseph Kabila, on dénonce en revanche un procès politique visant à effacer l’héritage de l’ancien président et à écarter son influence de la scène politique congolaise.
  • À l’international, plusieurs ONG de défense des droits humains expriment leur prudence. Elles rappellent que le jugement in absentia soulève des questions sur le droit à un procès équitable et sur l’exécution effective d’une telle peine.

Au-delà de sa portée judiciaire, cette condamnation ouvre une nouvelle page de l’histoire politique congolaise. Elle place la RDC face à un défi majeur : mettre en œuvre une justice crédible tout en évitant que ce procès ne devienne une source supplémentaire de tensions dans un pays encore fragilisé par les conflits armés.

Pour l’heure, Joseph Kabila demeure en exil, et son sort reste incertain. L’État congolais devra engager des procédures internationales pour tenter de saisir ses avoirs et de contraindre l’ancien président à exécuter le jugement.

Par Coco Kingson Cabamba

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