
Lors de la 10008ᵉ séance du Conseil de sécurité des Nations unies, tenue ce mardi à New York et consacrée à la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), les États-Unis ont lancé un appel pressant à l’ensemble des membres pour assurer à la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) les moyens et la liberté nécessaires pour accomplir son mandat.
« Nous condamnons catégoriquement les obstructions constantes des opérations de la Monusco, en particulier par le M23 et les forces de défense rwandaises dans le Nord-Kivu. Ce sont des agissements tout à fait inacceptables qui entravent l’exécution du mandat de la Monusco et font perdurer les souffrances de la population », a déclaré le représentant américain devant le Conseil.
Washington insiste sur la nécessité de mettre fin aux entraves imposées aux opérations onusiennes, dénonçant le rôle central du mouvement rebelle M23 et l’implication des Forces de défense rwandaises (RDF) dans la déstabilisation du Nord-Kivu.
Le diplomate américain a rappelé que ces deux acteurs s’étaient engagés à mettre un terme à ces pratiques dans le cadre des processus de paix en cours, notamment Washington et Doha, mais qu’en dépit de ces engagements, les violations persistent sur le terrain.
Les États-Unis ont par ailleurs exhorté le Conseil de sécurité à soutenir pleinement l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, considéré comme un pilier pour la restauration de la stabilité régionale. Pour Washington, seule une mise en œuvre effective de cet accord, combinée à une liberté opérationnelle totale pour la Monusco, permettra de créer les conditions d’un retour durable à la paix dans les provinces de l’Est.
Cette prise de position intervient alors que la situation sécuritaire reste alarmante dans l’Est congolais. Les violences du M23, appuyé par des forces étrangères selon Kinshasa et plusieurs rapports onusiens, ont entraîné de nouveaux déplacements massifs de populations et aggravé la crise humanitaire. La Monusco, déjà critiquée localement pour son incapacité à mettre fin aux exactions, se retrouve aujourd’hui entravée dans ses mouvements et ses interventions par les groupes armés et leurs alliés.
Pour les observateurs, la déclaration américaine vise à pousser le Conseil de sécurité à adopter une position plus ferme face aux blocages imposés par les belligérants. Si le Conseil répond favorablement, la Monusco pourrait bénéficier d’un appui politique et opérationnel renforcé, condition jugée indispensable pour protéger les civils et consolider les efforts diplomatiques en cours.
Par Coco Kingson Cabamba


