
La capitale congolaise a été le théâtre de violents affrontements ce mardi, alors que les forces de l’ordre ont dispersé avec une force jugée disproportionnée une manifestation pacifique du parti NOGEC. Les militants réclamaient la libération de leur leader, Constant Mutamba, emprisonné depuis plusieurs semaines.
Selon des témoins sur place, le rassemblement, initialement calme, a tourné au chaos lorsque les forces antiémeutes ont lancé des assauts contre les manifestants. “Ils sont arrivés en courant, matraques en main, sans sommation. Les gens tentaient de fuir, mais beaucoup ont été rattrapés et arrêtés”, rapporte un commerçant ayant assisté à la scène.
Le NOGEC, par la voix de son porte-parole Jean Claude Ngazwa Avemo, dénonce une “répression brutale” et des “arrestations arbitraires” ciblant spécifiquement les militants arborant des t-shirts à l’effigie de leur leader emprisonné. “Nous étions là pour exercer notre droit constitutionnel à manifester pacifiquement. La réponse des autorités est inacceptable et révèle leur peur de toute opposition”, a-t-il déclaré.
Cette escalade de violence intervient dans un contexte politique déjà tendu, où l’incarcération de Constant Mutamba était déjà considérée comme un point de friction entre le pouvoir et l’opposition. Les partisans du leader emprisonné crient à l’emprisonnement politique, tandis que les autorités justifient sa détention par des motifs juridiques.
La communauté internationale commence à réagir. Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme ont exprimé leur inquiétude quant au respect des libertés fondamentales en RDC. “Nous appelons toutes les parties à la retenue et au dialogue”, a déclaré un porte-parole de l’ONU, tandis que l’Union européenne a annoncé qu’elle “suivait la situation avec attention”.
Sur le terrain, les tensions restent palpables. De nombreux militants du NOGEC affirment être désormais en état d’alerte, craignant de nouvelles arrestations. “Nous ne nous laisserons pas intimider”, assure l’un d’eux, sous couvert d’anonymat. “La lutte pour la libération de Mutamba continue.”
Les autorités congolaises, pour leur part, n’ont pas encore officiellement réagi aux événements de la journée. Le ministre de l’Intérieur devrait s’exprimer dans la soirée, selon des sources proches du gouvernement.
Une chose est certaine : l’épisode de ce 30 septembre a profondément marqué les esprits et risque de durablement envenimer le climat politique déjà fragile en République Démocratique du Congo.
Par Coco Kingson Cabamba



