
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a de nouveau mis en cause l’Alliance des Forces du Changement/M23 dans son dernier rapport publié ce jeudi 2 octobre 2025. Le document met en lumière une intensification des activités militaires du mouvement rebelle, appuyé selon lui par l’armée rwandaise, dans plusieurs territoires de l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Selon les observations consignées par le chef de l’ONU, le M23 a consolidé et élargi son emprise au Nord-Kivu au cours des trois derniers mois. Les territoires de Walikale et de Masisi, déjà fragilisés par une forte instabilité sécuritaire, sont désormais au cœur de cette expansion. Cette avancée vient accentuer la pression sur les populations locales, souvent contraintes de fuir face aux combats.
Le rapport de l’ONU décrit également des offensives soutenues dans les zones sous contrôle du M23. Les rebelles ont mené des opérations ciblées contre des bastions des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des groupes armés Nyatura, deux acteurs historiques de la violence dans la région. Ces affrontements renforcent la complexité du conflit, avec une multiplication des lignes de front et une escalade des violences intercommunautaires.
La poursuite des hostilités a des conséquences directes sur la situation humanitaire. Les organisations humanitaires font état de nouveaux déplacements massifs de civils dans le Nord-Kivu. Camps improvisés, manque de nourriture, accès limité aux soins : les conditions de vie des déplacés s’aggravent de jour en jour. Les Nations unies redoutent une détérioration supplémentaire de la crise si aucune solution politique durable n’est trouvée.
En mentionnant l’appui présumé de l’armée rwandaise au M23, Antonio Guterres relance un sujet sensible qui nourrit depuis plusieurs années les tensions entre Kinshasa et Kigali. La RDC accuse régulièrement son voisin de soutenir militairement et logistiquement la rébellion, ce que le Rwanda continue de nier. Ce rapport risque ainsi de raviver les débats diplomatiques autour de la responsabilité des acteurs régionaux dans la persistance du conflit.
Dans ses conclusions, le secrétaire général des Nations unies insiste sur la nécessité d’un engagement accru de la communauté internationale. Il appelle à un renforcement de la coopération régionale et à un soutien plus ferme aux efforts de stabilisation, tout en rappelant que la protection des civils doit demeurer une priorité absolue.
Par Coco Kingson Cabamba



