
Quelques mois seulement après leur mise en service, l’ensemble des bus de la société publique de transport en commun Transco déployés dans la ville de Boende (province de la Tshuapa) sont déjà à l’arrêt. La cause ? Leur mauvais usage par une partie de la population, qui les aurait détournés de leur vocation première de transport de passagers.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, ces véhicules censés faciliter la mobilité urbaine et réduire le coût du transport des habitants ont été exploités à des fins inadaptées. En lieu et place du transport de personnes, certains bus ont été utilisés pour acheminer des matériaux de construction tels que du sable, de la caillasse ou encore des planches, à travers la ville et dans les villages environnants.
Cette pratique a provoqué une usure prématurée des véhicules, entraînant leur immobilisation en moins d’un an. Des habitants affirment que cette situation était prévisible, compte tenu du manque de suivi et de contrôle de la flotte par les responsables locaux.
L’arrêt du service Transco suscite la colère des populations, qui voient disparaître une solution de transport collectif censée désengorger la circulation et alléger les coûts.
« C’est incompréhensible ! Nous avons salué l’arrivée de Transco à Boende comme une avancée, mais voilà que tout s’effondre parce que les bus ont été mal utilisés », déplore un enseignant du centre-ville.
Les étudiants, commerçants et fonctionnaires sont parmi les plus touchés, car ils se retrouvent contraints de payer des tarifs plus élevés auprès des motos-taxis et véhicules privés.
Jusqu’ici, la direction provinciale de Transco n’a pas fait de déclaration officielle, tandis que les autorités locales sont pointées du doigt pour leur laxisme dans la gestion et le suivi de ce patrimoine public. Des voix s’élèvent déjà pour demander l’ouverture d’une enquête afin de déterminer les responsabilités et envisager des solutions rapides pour relancer le service.
Le cas de Boende illustre une fois de plus les difficultés de gestion des biens publics en République démocratique du Congo. L’initiative gouvernementale d’étendre Transco dans les provinces, saluée comme un levier de développement et d’intégration, risque de perdre tout son sens si les infrastructures et équipements mis en place ne sont pas correctement encadrés.
Pour les habitants de la Tshuapa, la remise en état des bus immobilisés et la mise en place de règles strictes d’utilisation apparaissent comme une urgence, faute de quoi l’expérience Transco à Boende restera comme un échec cuisant et un gâchis financier.

