
La récente déclaration du ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, appelant à l’organisation d’un dialogue politique inclusif en République démocratique du Congo (RDC), n’a pas laissé indifférent l’homme politique congolais Steve Mbikayi. Dans une réaction cinglante publiée sur les réseaux sociaux, l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire a dénoncé ce qu’il qualifie d’« ingérence inacceptable » dans les affaires internes de la RDC.
« Trois gouvernements sont déjà tombés en moins d’un an en France. Pourquoi ne demande-t-il pas à son voisin d’organiser un dialogue inclusif inter-français pour résorber la crise ? », a ironisé Steve Mbikayi, s’adressant directement à Maxime Prévot.
Connu pour son franc-parler, le président du Parti travailliste congolais (PTC) n’a pas mâché ses mots. Selon lui, les autorités congolaises n’ont aucune leçon de stabilité politique à recevoir d’un pays européen où les turbulences institutionnelles sont fréquentes.
« La RDC est un État souverain, dirigé par des institutions issues d’élections démocratiques. Ce n’est pas à la Belgique, via Maxime Prévot, de dicter l’agenda politique congolais », a encore déclaré Steve Mbikayi.
Cette sortie intervient alors que certains partenaires occidentaux, y compris le ministre belge lui-même, appellent Kinshasa à plus d’ouverture dans le dialogue politique national, notamment dans un contexte de tensions entre la majorité au pouvoir et certains acteurs de l’opposition. Prévot, en visite à Kinshasa, a déjà évoqué la nécessité d’un « dialogue national inclusif » en RDC. Radio Okapi
Les propos de Mbikayi trouvent un certain écho dans une opinion publique congolaise souvent critique vis-à-vis des prises de position occidentales perçues comme paternalistes. Plusieurs analystes estiment que cette réaction traduit une volonté croissante au sein de la classe politique congolaise de revendiquer une diplomatie plus assertive.
Un politologue contacté par Victorianews.online souligne :
« Ce genre de réaction traduit un ras-le-bol face à l’attitude de certaines chancelleries occidentales qui continuent de commenter la politique congolaise comme si la RDC était sous tutelle. Mbikayi a voulu rappeler que le Congo n’est plus le terrain d’expérimentation politique de l’Occident. »
Les relations entre Kinshasa et certaines capitales européennes, dont Bruxelles, traversent des zones de turbulence depuis plusieurs mois, notamment sur les divergences concernant les droits de l’homme, la gouvernance, et les questions sécuritaires à l’Est de la RDC. Le ministre belge Maxime Prévot a notamment affirmé que la Belgique souhaite remettre le conflit congolais à l’agenda européen et encourager un dialogue national. Présidence de la RDC+1
Pour Steve Mbikayi, les Congolais doivent eux-mêmes résoudre leurs différends sans interférences étrangères :
« Les vrais problèmes de la RDC se règlent entre Congolais, pas sous l’œil ni sous la dictée de l’étranger », a-t-il conclu.



