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Peter Kazadi fustige les propos du ministre rwandais Olivier Nduhungirehe et salue la grandeur d’âme de Félix Tshisekedi

L’ancien ministre de l’Intérieur, Peter Kazadi, est sorti de son silence pour réagir aux attaques du ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, à la suite de la main tendue du président Félix-Antoine Tshisekedi à son homologue rwandais Paul Kagame, lors du Global Gateway Forum 2025 tenu ce jeudi 9 octobre à Bruxelles.

Dans un message empreint de fermeté et de lucidité politique, Peter Kazadi salue la « hauteur et la grandeur d’âme » du chef de l’État congolais, tout en dénonçant « la provocation diplomatique » et « le renversement cynique des responsabilités » du côté de Kigali.

« La RDC n’est ni un champ d’expérimentation militaire, ni une réserve minière à ciel ouvert pour un régime expansionniste. La paix dans la région ne viendra pas des discours de Kigali, mais de la fin effective de l’agression rwandaise et du respect de la souveraineté congolaise », a déclaré Peter Kazadi.

Pour l’ancien ministre congolais, les accusations du Rwanda sur la présence des FDLR en RDC relèvent d’une inversion historique. Il affirme que « le Rwanda abrite et instrumentalise lui-même les résidus des FDLR » dans une stratégie de justification politique et militaire.
Selon lui, ces groupes servent de prétexte commode à Kigali pour entretenir une présence illégale dans l’Est de la République démocratique du Congo et piller systématiquement les ressources naturelles — coltan, or, cassitérite et autres minerais stratégiques.

Peter Kazadi rappelle que les rapports des experts de l’ONU ont plusieurs fois démontré le soutien militaire direct du Rwanda au M23, groupe armé responsable d’atrocités massives contre les populations civiles congolaises.

Répondant aux critiques du ministre rwandais qui a accusé Félix Tshisekedi d’être « belliqueux », Peter Kazadi estime que ces propos relèvent d’une « inversion morale et politique ».

« Le Chef de l’État congolais n’a jamais menacé un pays voisin ; il a simplement réaffirmé son devoir constitutionnel de protéger l’intégrité territoriale de la RDC », souligne-t-il.

Il dénonce en revanche les violations répétées du territoire congolais par les troupes rwandaises, souvent déguisées en combattants du M23, ainsi que les bombardements sur des positions civiles dans l’Est du pays.

Alors que le Rwanda accuse Kinshasa de recourir à des mercenaires, Peter Kazadi dénonce ce qu’il qualifie d’hypocrisie d’État.
Selon lui, Kigali emploie lui-même des sociétés militaires privées, finance des groupes armés pro-rwandais, et enrôle des enfants soldats dans la région.
Il précise que la RDC, de son côté, agit dans le cadre légal, en coopération avec d’autres États africains et conformément aux principes de l’Union africaine.

Peter Kazadi accuse également le Rwanda de pratiquer une « diplomatie de diversion », destinée à masquer le pillage des ressources congolaises et la déstabilisation permanente de la région.

« Chaque fois que le Rwanda est mis en cause, il répond par des mensonges et des manipulations médiatiques. Mais les faits demeurent : le Rwanda vit du sang congolais et du chaos entretenu à l’Est », affirme-t-il.

Enfin, Peter Kazadi exhorte la communauté internationale — en particulier les Nations Unies, l’Union africaine et la CIRGL — à ne pas se laisser berner par le « discours victimaire » de Kigali.
Il plaide pour des sanctions diplomatiques et économiques contre le régime de Paul Kagame, ainsi qu’une enquête internationale sur les crimes de guerre commis en territoire congolais.

« Le moment est venu pour la communauté internationale d’agir, de manière courageuse et impartiale, afin de mettre fin à l’agression rwandaise et de restaurer la paix véritable dans la région des Grands Lacs », conclut Peter Kazadi.

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