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“Il faut agir avec force !” : André Flahaut interpelle la communauté internationale sur la guerre à l’Est

L’ancien ministre belge de la Défense et actuel député fédéral, André Flahaut, a vivement réagi sur le réseau social X (ancien Twitter) à la récente escalade de tensions entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. Dans un message publié mercredi 9 octobre à 19h48, il a dénoncé avec fermeté la posture du président rwandais Paul Kagame, qu’il qualifie de « guerrier envahisseur », tout en saluant la main tendue du président congolais Félix Tshisekedi.

« Quand le Président Tshisekedi tend la main et parle de paix, la réponse de Kagame est indigne, mais dévoile au monde entier — si c’était encore nécessaire — le vrai visage de l’envahisseur guerrier. On ne peut continuer à ignorer cette guerre, il faut agir avec force ! », a écrit André Flahaut dans son message.

Cette déclaration intervient dans un contexte où les combats se multiplient à l’Est de la RDC, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, où les rebelles du M23, soutenus selon plusieurs rapports de l’ONU par le Rwanda, poursuivent leur offensive contre les Forces armées de la RDC (FARDC).
À Kinshasa, cette sortie d’André Flahaut est perçue comme un soutien diplomatique de poids à la position congolaise, qui dénonce depuis plusieurs mois l’agression rwandaise.

Un conseiller diplomatique proche de la présidence congolaise a salué « le courage d’un ami de longue date du Congo », rappelant que Flahaut avait déjà pris position par le passé contre le silence de certaines chancelleries occidentales face aux crimes commis dans l’Est du pays.

Ces derniers jours, le président Félix Tshisekedi a multiplié les appels au dialogue et à une résolution pacifique du conflit. Cependant, les propos récents de Paul Kagame — accusant Kinshasa de soutenir des groupes hostiles à Kigali — ont été perçus comme une provocation de plus.
Pour André Flahaut, cette rhétorique traduit la duplicité du régime rwandais : « Kagame se présente comme un artisan de la stabilité régionale alors qu’il alimente la guerre par procuration », a-t-il rappelé dans une interview antérieure.

Ancien président de la Chambre des représentants de Belgique, Flahaut a souvent plaidé pour une politique européenne plus responsable vis-à-vis de l’Afrique centrale. Son appel à « agir avec force » interpelle donc directement les capitales européennes, souvent accusées de passivité.

Selon plusieurs analystes, cette prise de position publique pourrait relancer le débat à Bruxelles sur le rôle de la Belgique — ancienne puissance coloniale — dans la recherche d’une solution durable à la crise congolaise.
Des organisations de la société civile congolaise et de la diaspora saluent déjà « une voix courageuse » au sein de l’Europe, appelant d’autres responsables politiques à suivre son exemple.

De son côté, le président Tshisekedi continue de défendre une approche diplomatique, tout en renforçant les capacités des FARDC et des Wazalendo, ces groupes d’autodéfense intégrés dans la stratégie de résistance nationale.
Son message reste constant : « La paix n’est pas une faiblesse, mais un choix stratégique pour sauver des vies et préserver l’unité nationale. »

La sortie d’André Flahaut marque une étape importante dans la reconnaissance internationale de la situation en RDC. Alors que les instances onusiennes peinent à imposer des sanctions claires contre Kigali, la voix de responsables politiques européens de premier plan pourrait peser dans le débat diplomatique à venir.

Par Coco Kingson Cabamba

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