
Sous la houlette de l’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange, plusieurs figures de l’opposition congolaise ont annoncé ce mardi à Nairobi (Kenya) la création d’une nouvelle plateforme politique baptisée “Mouvement Sauvons la RDC” (MSRDC). Cette initiative marque un retour stratégique et très remarqué de l’ex-chef de l’État sur la scène politique congolaise, plus de quatre ans après son retrait officiel du pouvoir.
Selon des sources proches de l’organisation, le MSRDC se veut une large coalition des forces politiques et sociales opposées à la gouvernance actuelle. Son objectif principal serait de “redonner à la République démocratique du Congo une direction nationale forte, souveraine et responsable”, selon les mots d’un communiqué rendu public à l’issue de la rencontre.
Un retour politique calculé
Joseph Kabila, dont la discrétion avait longtemps alimenté les spéculations sur son avenir politique, semble désormais décidé à reprendre les rênes de l’opposition. Ce retour s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre le pouvoir de Félix Tshisekedi et certaines forces politiques marginalisées, notamment celles issues du Front Commun pour le Congo (FCC), l’ancienne plateforme pro-Kabila.
Des personnalités politiques de poids, parmi lesquelles Evariste Boshab, Henri Mova, Emmanuel Ramazani Shadary, mais aussi des anciens alliés de l’opposition non kabilistes, auraient pris part à cette réunion fondatrice. Ces derniers souhaitent, selon leurs déclarations, “rétablir un équilibre démocratique face à la dérive institutionnelle actuelle”.
“Mouvement Sauvons la RDC” : un projet nationaliste ?
Le MSRDC entend se positionner comme une alternative nationale et patriotique, mettant en avant les valeurs de souveraineté, d’unité et de justice sociale. L’un des points forts de la déclaration de Nairobi souligne la volonté de “rassembler toutes les forces vives du pays autour d’un projet de redressement politique, économique et sécuritaire”.
Pour certains observateurs, cette initiative pourrait rebattre les cartes du jeu politique à l’approche des prochaines élections générales. D’autres y voient plutôt une tentative de reconquête de l’influence perdue par Kabila et ses alliés depuis la fin de son mandat en 2019.
Réactions partagées à Kinshasa
À Kinshasa, la nouvelle n’a pas tardé à susciter des réactions diverses.
Les proches du pouvoir dénoncent un “coup politique d’arrière-garde”, estimant que Kabila cherche à se repositionner dans un contexte régional tendu et à influencer le débat national autour de la sécurité dans l’Est du pays.
À l’inverse, plusieurs figures de l’opposition saluent “une initiative salutaire et courageuse”, capable de rassembler une opposition longtemps divisée et sans boussole.
Une équation politique à suivre de près
Le retour de Joseph Kabila via le MSRDC pourrait redéfinir les rapports de force dans la classe politique congolaise. Son influence au sein des institutions, de l’armée et des provinces reste encore perceptible, malgré les années d’absence.
Reste à savoir si cette nouvelle plateforme parviendra à canaliser l’unité de l’opposition et à offrir une véritable alternative politique face au régime en place.
Une chose est sûre : le “raïs” vient de signer son grand retour sur la scène politique nationale, et le débat est désormais relancé.
Par Coco Kingson Cabamba



