
Le Palais du Peuple, symbole du pouvoir républicain au cœur de Kinshasa, a servi de cadre solennel, ce mercredi, à la cérémonie officielle de la rentrée judiciaire 2025-2028. Dans une allocution d’une rare fermeté, le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, a placé son discours sous le signe de la moralisation de la vie publique et de la répression de l’enrichissement illicite, fléau qui gangrène l’administration congolaise.
Dans sa mercuriale, le magistrat suprême du parquet a souligné que « l’intérêt de la répression de l’enrichissement illicite se trouve dans la gravité des faits commis », dénonçant un phénomène devenu systémique dans plusieurs institutions publiques.
Selon lui, cet enrichissement injustifié constitue un accroissement anormal du patrimoine d’un agent public sans lien avec ses revenus légaux, et révèle une atteinte directe à la probité morale exigée des serviteurs de l’État.
« Il n’est pas acceptable qu’un agent de l’État, rémunéré sur fonds publics, affiche un train de vie sans commune mesure avec ses émoluments. Ce déséquilibre trahit une corruption dissimulée et mine la confiance des citoyens envers les institutions », a déclaré le procureur général devant un parterre de magistrats, de hauts responsables politiques et d’invités du corps diplomatique.
La rentrée judiciaire, moment solennel de relance des activités juridictionnelles, marque cette année une étape clé dans la réaffirmation de l’autorité de la justice congolaise. Firmin Mvonde a rappelé que la Cour de cassation, en tant que plus haute juridiction de l’ordre judiciaire, se veut le dernier rempart contre la dérive morale et la corruption administrative.
Le procureur général a ainsi invité les magistrats à redoubler de rigueur et d’indépendance dans le traitement des dossiers relatifs à la gestion des fonds publics, tout en exhortant les services de contrôle de l’État à collaborer étroitement avec la justice pour débusquer les cas d’enrichissement illicite.
Cette mercuriale s’inscrit dans la continuité des réformes judiciaires engagées par le gouvernement congolais, sous l’impulsion du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui a fait de la lutte contre la corruption un pilier central de son action.
Plusieurs observateurs estiment que la fermeté du procureur général traduit la volonté du pouvoir judiciaire de restaurer la discipline et la transparence dans la gestion de la chose publique, dans un contexte où la population réclame davantage de comptes.
En conclusion, Firmin Mvonde a rappelé que la crédibilité de la justice congolaise dépendra de sa capacité à s’auto-réguler et à sanctionner sans complaisance les dérives internes.
« Le magistrat qui ferme les yeux sur le détournement ou qui en tire profit trahit sa mission sacrée », a-t-il insisté, avant de lancer un appel à la conscience collective des acteurs judiciaires.
La rentrée judiciaire 2025-2028 s’ouvre donc sous un ton résolument réformateur, plaçant la lutte contre l’enrichissement illicite au cœur des priorités nationales, dans l’espoir d’instaurer enfin une culture d’intégrité au sein des institutions publiques de la République démocratique du Congo.
Par Coco Kingson Cabamba

