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Massacre de Mwenga : Mukwege exige justice pour les femmes enterrées vivantes par le RCD et l’armée rwandaise

En ce jour de commémoration du massacre de Mwenga, survenu le 17 octobre 1999, le Dr Denis Mukwege, lauréat du Prix Nobel de la Paix, a une nouvelle fois lancé un cri d’indignation et d’espoir. Dans un message émouvant publié ce vendredi, le gynécologue et militant des droits humains a rendu hommage aux 14 femmes enterrées vivantes après avoir été violées et torturées par les troupes du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), un mouvement rebelle soutenu à l’époque par l’armée rwandaise.

« Le 17 octobre 1999, un crime odieux avait secoué la province du Sud-Kivu. 14 femmes enterrées vivantes à Mwenga après avoir été violées et subi des tortures sexuelles, par le groupe armé RCD, soutenu par le Rwanda. 26 ans jour pour jour, ce crime, l’un des plus graves de l’histoire de l’humanité, demeure impuni », a déclaré le Dr Mukwege.

Le Dr Mukwege a rappelé que ces atrocités constituent l’un des épisodes les plus sombres du conflit armé qui a ravagé l’Est de la République démocratique du Congo à la fin des années 1990. Il a appelé la communauté nationale et internationale à rompre le silence autour de ces crimes et à honorer la mémoire des victimes en leur offrant « une sépulture digne ».

« Nous nous joignons aux voix des enfants, des époux et des familles de ces victimes pour qu’on leur offre une sépulture digne. Nous continuons à exiger que justice soit rendue pour les victimes et que les criminels, qui sont connus, puissent répondre de leurs actes », a-t-il ajouté.

Dans son message, le « réparateur des femmes » interpelle directement plusieurs institutions internationales, notamment les Nations Unies, le Conseil des droits de l’homme, la Cour pénale internationale (CPI), ainsi que les instances de l’Union européenne, de l’Union africaine et du gouvernement américain.
Il exhorte ces organisations à agir concrètement pour que les responsables de ces crimes répondent devant la justice internationale.

Cette prise de position intervient alors que le débat sur la mise en œuvre des recommandations du Rapport Mapping — document des Nations Unies recensant plus de 600 crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en RDC entre 1993 et 2003 — reste toujours d’actualité.

Depuis plus de deux décennies, le Dr Mukwege milite sans relâche pour la vérité, la justice et la réparation des victimes des violences sexuelles en RDC.
Son message sur Mwenga rappelle que la paix durable dans la région des Grands Lacs passe nécessairement par la reconnaissance des crimes commis et la poursuite des auteurs, quels qu’ils soient.

« L’impunité est le carburant des violences répétées en République démocratique du Congo », répète-t-il souvent.

Le massacre de Mwenga demeure un symbole de la barbarie subie par les femmes congolaises pendant les guerres d’agression et de pillage qui ont endeuillé l’Est du pays.
En cette date du 17 octobre, la voix du Dr Mukwege résonne comme un appel à la conscience collective, pour que plus jamais de telles atrocités ne se reproduisent sur le sol congolais.

Rédaction : Victoria News

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