
Une nouvelle crise secoue le mouvement politico-militaire Convention pour la Révolution Populaire (C.R.P). Dans une déclaration officielle parvenue à la rédaction de VictoriaNews, plusieurs hauts cadres fondateurs du mouvement, réunis à Kampala, ont annoncé leur désengagement total de la structure, accusant leur leader, Thomas Lubanga Dyilo, d’avoir transformé la C.R.P. en un instrument personnel de pouvoir et de gestion opaque.
Créée le 7 janvier 2025 avec pour objectif déclaré de « mener une lutte de libération nationale pour un changement radical en RDC », la C.R.P semble aujourd’hui minée par de graves divisions internes.
Les signataires du document dénoncent un “ridicule qui a élu domicile” à la tête du mouvement et affirment que celui qu’ils avaient choisi comme autorité politique a « trahi l’esprit de la révolution ».
Les cadres démissionnaires dressent un tableau accablant de la gestion du président Thomas Lubanga.
Ils lui reprochent notamment :
- Une gestion autocratique, marquée par la confiscation de toutes les tâches et la centralisation du pouvoir décisionnel entre ses mains, sans débat ni concertation.
Selon eux, les réunions du mouvement seraient « convoquées au gré de son humeur ». - Des pratiques affairistes dans la révolution, notamment l’instauration d’un système de péage sur la RN27 par ses représentants, dont les recettes n’auraient jamais été présentées au comité directeur.
Les signataires évoquent une forme de « taxation abusive » imposée aux populations locales. - Un manque total de vision, accusant Lubanga d’avoir transformé la révolution en « vacance dorée à Kampala », sans volonté réelle de mener la lutte sur le terrain.
- Des escroqueries au nom du mouvement, notamment auprès d’opérateurs économiques d’Ituri, menacés ou séduits par la promesse d’une future exonération en échange de contributions financières.
Dans le même document, les dissidents pointent également un “clanisme étouffant” dans le fonctionnement du mouvement, où seules les orientations issues du cercle familial ou tribal du président seraient prises en compte.
Ils accusent Thomas Lubanga d’avoir nommé sa propre sœur à la gestion des finances, écartant le trésorier désigné lors de la création du mouvement.
Résultat : la gestion financière « échappe à tout contrôle collectif ».
Les signataires, parmi lesquels Bungamuzi Kakani Charles, Tungulu Bathidaho Vidal, Angyencho Biruinyo David, Wenjunga Ndara Baudouin et Drani Drileba J. Xavier, dénoncent un comportement « irresponsable et immoral » de la part de Thomas Lubanga.
Ils affirment que l’ancien chef de guerre a dévoyé le sens même du combat en cours, en faisant de la C.R.P. un outil de promotion personnelle et de règlements de comptes internes.
« Nous nous désengageons totalement de la C.R.P., dont l’image est désormais souillée et dévoyée de ses objectifs fondamentaux », peut-on lire dans la déclaration.
En conclusion, les fondateurs appellent « les filles et fils de l’Ituri » à ne plus soutenir la C.R.P. dans sa forme actuelle, estimant qu’elle ne représente plus la cause du peuple meurtri.
Ils accusent Thomas Lubanga de « se servir du mouvement pour satisfaire ses besoins personnels tout en se moquant des victimes des atrocités de l’Ituri ».
Cette défection publique marque un tournant majeur pour la C.R.P., qui, moins d’un an après sa création, se retrouve divisée et fragilisée.
Les observateurs politiques estiment que cette situation pourrait affaiblir considérablement la crédibilité du mouvement auprès de ses sympathisants et de ses partenaires extérieurs, notamment en Ouganda, où la structure était partiellement basée.


