
La démission surprise d’Aimé Boji Sangara du ministère de l’Industrie continue de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise. Après seulement deux mois passés à la tête de ce portefeuille, l’ancien ministre a choisi de quitter le Gouvernement pour retrouver son siège à l’Assemblée nationale. Une décision que son parti, l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) dirigée par Didier Kamerhe, accueille avec sérénité mais aussi prudence.
Dans une réaction publique ce mardi, Didier Kamerhe a tenu à rassurer l’opinion :
« L’UNC et Alliés, deuxième force politique du pays, reste sereine. Nous ne radierons pas Aimé Boji pour le simple fait d’avoir démissionné du Gouvernement », a déclaré le frère du président de l’UNC .
Toutefois, Kamerhe a tenu à prévenir Aimé Boji contre toute dérive d’ambition personnelle. Dans une métaphore lourde de sens, il a comparé l’attitude potentielle de Boji à celle d’Icare, ce personnage mythologique qui, grisé par son envol, s’était approché trop près du soleil avant de chuter tragiquement.
« Qu’il prenne garde à ne pas commettre la grave erreur de l’ambitieux Icare, qui lui serait fatale pour sa carrière politique », a averti Didier Kamerhe.
Le départ d’Aimé Boji, longtemps considéré comme un fidèle parmi les fidèles de Kamerhe, intervient dans un contexte marqué par de profondes recompositions politiques au sein de la majorité présidentielle. Selon plusieurs observateurs, cette démission pourrait cacher des ambitions plus grandes, notamment la succession de Vital Kamerhe au perchoir de l’Assemblée nationale, une perspective évoquée dans les couloirs du Palais du Peuple.
Cette posture crée un malaise latent au sein de l’UNC, où certains cadres y voient une trahison, tandis que d’autres estiment qu’il s’agit d’un choix individuel légitime. Kamerhe, pour sa part, semble vouloir préserver la cohésion interne du parti tout en envoyant un message clair : la loyauté demeure la première vertu politique au sein de son mouvement.
La gestion de ce dossier sera un test majeur pour Vital Kamerhe, dont le retour au premier plan politique après son passage au Gouvernement a redonné un souffle nouveau à l’UNC. Le leader de Bukavu cherche à maintenir l’équilibre entre discipline de parti et tolérance politique, dans un paysage politique congolais de plus en plus volatil.
En attendant, Aimé Boji retrouve son siège de député national et reste sous les projecteurs. Son avenir politique dépendra de sa capacité à naviguer entre ambition personnelle et fidélité à la ligne de l’UNC.



