
Les combats se multiplient dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu entre les résistants Wazalendo, les rebelles du M23/AFC et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Alors que des discussions diplomatiques sont en cours à Washington entre les délégations de la RDC et du Rwanda pour tenter de ramener la paix, le terrain reste dominé par les affrontements violents et les opérations militaires d’envergure.
Mardi 21 octobre : L’armée congolaise frappe fort à Walikale et Masisi
La journée du mardi 21 octobre a été particulièrement mouvementée sur plusieurs fronts.
Selon des sources militaires à Goma, les FARDC ont mené deux séries de frappes ciblées contre les positions du M23/AFC dans les villages de Kalembe et Ihula, situés dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu.
Ces frappes, menées en matinée puis en soirée, ont permis de détruire plusieurs cargaisons d’armes lourdes et de munitions appartenant aux rebelles. Ces derniers tentaient de s’organiser à partir de ces localités pour attaquer la cité stratégique de Pinga, sous contrôle de l’armée congolaise.
Toujours mardi, des combats intenses ont éclaté autour de Bibwe, également dans le territoire de Masisi, ainsi qu’à Nyangezi-Karhongo dans le Sud-Kivu, où les groupes d’autodéfense Wazalendo ont affronté les combattants du M23/AFC.
La 34e région militaire a par ailleurs confirmé la reddition de deux officiers — un major et un capitaine — ainsi que de trente-six combattants du M23 dans les territoires de Rutshuru, Masisi, Walikale (Nord-Kivu) et Kalehe (Sud-Kivu).
Selon le commandement, nombre de ces combattants étaient des civils enrôlés de force ou d’anciens militaires et policiers capturés par les rebelles. Une avancée significative dans la lutte des FARDC pour la reconquête de la souveraineté nationale.
Lundi 20 octobre : Affrontements sanglants à Nyabiondo et Kaanja
La veille, les zones de Nyabiondo et Kaanja, toujours dans le territoire de Masisi, ont été le théâtre d’affrontements violents.
Les Wazalendo ont lancé une attaque surprise à 1h du matin contre les positions du M23/AFC à Nyabiondo. Les combats, d’une rare intensité, ont duré plusieurs heures avant que les résistants ne se retirent. Les bilans humains et matériels restent pour l’instant indéterminés, mais des sources locales évoquent plusieurs morts de part et d’autre.
Dimanche 19 octobre : Escarmouches près de Goma
Le dimanche 19 octobre, des affrontements ont éclaté à Muja, dans le territoire de Nyiragongo, à quelques kilomètres seulement de la ville de Goma.
Des résistants Wazalendo venus du Parc National des Virunga ont attaqué cette localité tenue par le M23/AFC et leurs supplétifs des forces locales de défense.
Ces combats ont provoqué un mouvement massif de populations déplacées vers la ville de Goma, déjà saturée par des milliers de déplacés venus d’autres zones de conflit.
Au Sud-Kivu : Les combats se prolongent à Kafurumaye et Mazigiro
Dans la province voisine du Sud-Kivu, les affrontements se poursuivent depuis plus d’une semaine dans les zones de Kafurumaye et Mazigiro.
Les Wazalendo, décidés à empêcher toute avancée rebelle, bloquent la progression du M23/AFC vers le territoire de Shabunda.
Les habitants, pris au piège des combats, peinent à se déplacer ou à accéder à l’aide humanitaire, aggravant une crise humanitaire déjà alarmante.
Ces nouveaux épisodes de violence surviennent alors même que la diplomatie tente de trouver une issue à ce conflit meurtrier.
Les négociations de Washington entre la RDC et le Rwanda — accusé de soutenir le M23 — n’ont pour l’instant produit aucun résultat concret.
Sur le terrain, les armes continuent de parler plus fort que les paroles, et la population civile reste la principale victime d’une guerre qui semble encore loin de son épilogue.
La Rédaction VictoriaNews


