
Le Journal Officiel de la République de Madagascar (Gazetim-panjakan’ny Repoblika Malagasy) a publié ce 24 octobre un décret gouvernemental marquant une décision majeure : le retrait officiel de la nationalité malgache à Andry Nirina Rajoelina, ancien président de la République.
Cette décision, inscrite sous le Décret n°2025-110, émane du ministère de la Justice et a été signée par le Garde des Sceaux, Herilaza Imbiky Rajoanarivelo. Elle fait suite à la publication d’un arrêt de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) du 14 octobre 2025, confirmant la perte de la nationalité malgache de M. Rajoelina, consécutive à sa naturalisation française intervenue il y a plusieurs années.
Le décret se base sur l’article 42 de l’Ordonnance n°60-064 du 22 juillet 1960, modifiée en 1966, relative à la nationalité malgache. Selon cette disposition, tout citoyen malgache acquérant volontairement une nationalité étrangère perd automatiquement sa nationalité d’origine, sauf autorisation spéciale du gouvernement.
En conséquence, la double nationalité d’Andry Rajoelina, longtemps objet de débats politiques et juridiques, n’a plus de fondement légal au regard du droit malgache.
« M. Rajoelina Andry Nirina, né le 30 mai 1974 à Antsirabe, de Rajoleva Yves Roger et de Rakotonasolona Olga, est déchu de la nationalité malgache », précise le décret publié dans la partie officielle du Journal Officiel.
Cette publication vient mettre un terme à une longue controverse qui secouait la scène politique malgache depuis plusieurs mois.
Des documents rendus publics par les autorités françaises avaient révélé qu’Andry Rajoelina, alors encore président en exercice, détenait la nationalité française depuis 2014.
Cette révélation avait entraîné un vif débat sur la légitimité de son mandat à la tête de l’État, la Constitution malgache interdisant à tout détenteur d’une nationalité étrangère d’exercer les fonctions de chef de l’État.
Le retrait officiel de la nationalité malgache à l’ancien président intervient dans un contexte de forte tension institutionnelle, à l’approche d’une période électorale sensible.
Des observateurs y voient une tentative du gouvernement actuel de marquer une rupture nette avec l’ancien régime, tandis que d’autres évoquent une mesure purement juridique, dictée par la conformité au droit national.
Cette décision pourrait avoir des conséquences sur les droits civiques et politiques de l’ancien président, notamment sa capacité à se présenter à de futures élections ou à occuper des fonctions publiques à Madagascar.
Le décret prévoit sa publication officielle au Journal Officiel, condition essentielle pour sa pleine entrée en vigueur.
Les juristes estiment que M. Rajoelina pourrait saisir les juridictions compétentes ou tenter une demande de réintégration dans la nationalité malgache, selon les dispositions prévues par le Code de la nationalité.
En attendant, cette publication consacre juridiquement la perte de son statut de citoyen malgache et ouvre une nouvelle page dans l’histoire politique récente du pays.



