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 La RDC se dote d’une usine de trains : un projet titanesque pour l’indépendance ferroviaire

 Dans une annonce qui pourrait révolutionner le paysage industriel africain, le gouvernement congolais vient de lancer un appel international pour la création de sa première usine nationale d’assemblage de trains. Le projet, d’envergure continentale, vise à briser la dépendance aux importations et à positionner la RDC comme leader ferroviaire en Afrique centrale.

“C’est un projet structurant pour notre souveraineté nationale”, affirme une source haut placée au Ministère des Transports. Avec plus de 5 000 km de voies ferrées sous-exploitées, la RDC prend enfin le contrôle de son destin ferroviaire. L’usine, qui verra le jour soit à Matadi, porte océanique du pays, soit à Kalemie, carrefour stratégique de l’Est, symbolise cette nouvelle ambition.

Les specs du projet donnent le vertige : ateliers d’assemblage capables de produire jusqu’à 10 locomotives et 200 wagons par an, chaînes de montage modulaires, centre de maintenance de pointe et même une académie ferroviaire intégrée. Particularité notable : une centrale solaire de 1 à 2 MWp assurera l’autonomie énergétique du site.

Le montage financier est aussi innovant qu’ambitieux. “Nous recherchons un partenariat gagnant-gagnant”, explique notre source. Le modèle choisi ? Un Partenariat Public-Privé (PPP) de 25 à 30 ans, mêlant expertise internationale et capitaux privés. L’État congolais apportera le foncier et les facilités administratives, tandis que les partenaires privés fourniront technologie et financement.

Le calendrier est serré. Les candidats ont jusqu’au 5 décembre 2025 pour déposer leur dossier. Les grands noms du ferroviaire mondial sont attendus à Kinshasa, mais le gouvernement insiste : “Les consortiums pluridisciplinaires sont encouragés, mêlant constructeurs, financiers et spécialistes de la formation.”

Au-delà des trains, c’est tout un écosystème industriel qui va naître. “Nous projetons la création de centaines d’emplois directs et la formation d’une nouvelle génération de techniciens ferroviaires congolais”, précise-t-on au ministère. Le transfert de technologie est d’ailleurs un critère clé dans l’évaluation des candidats, avec 15% de pondération.

Le processus de sélection semble taillé pour éviter tout écueil. Avec six critères d’évaluation bien définis et une pondération claire, le gouvernement veut rassurer investisseurs et partenaires. “L’expérience ferroviaire pèsera pour 30% dans la décision finale”, peut-on lire dans le document officiel.

Ce projet dépasse largement les frontières congolaises. En modernisant son parc ferroviaire, la RDC renforce aussi son rôle dans l’intégration économique régionale, notamment via les corridors de Lobito et Est-Centre.

Alors que la date limite de dépôt des candidatures approche, tous les regards sont tournés vers Kinshasa. Cette usine pourrait bien être le déclic qui relancera non seulement le rail congolais, mais aussi l’ambition industrielle de toute une région.

Par Coco Kingson Cabamba

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