
Selon un rapport publié par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), plus de 15 000 civils ont été contraints de fuir leurs villages dans le territoire de Djugu, en Ituri, à la suite d’une nouvelle vague de violences armées. Ces déplacés, principalement des femmes et des enfants, se sont réfugiés dans des écoles, églises et bâtiments publics, cherchant désespérément un abri et une sécurité.
Les affrontements opposent divers groupes armés actifs dans la région, semant la terreur parmi la population civile. OCHA décrit une situation humanitaire critique, marquée par des besoins urgents en nourriture, abris, soins médicaux et accès à l’eau potable.
« Ces familles ont tout perdu : leurs maisons, leurs récoltes, et souvent leurs proches. Elles vivent dans des conditions précaires et ont besoin d’une aide immédiate », a alerté un représentant de l’OCHA à Bunia.
Les structures d’accueil déjà fragiles sont débordées, tandis que les écoles transformées en centres de refuge ne peuvent plus assurer les cours. La crise éducative s’ajoute donc à la tragédie humanitaire.
L’Ituri reste l’une des provinces les plus instables de la République démocratique du Congo, régulièrement secouée par les violences communautaires et les attaques de groupes armés. Malgré les efforts des autorités et de la MONUSCO, les civils continuent de payer le plus lourd tribut.
Les humanitaires sur place appellent à une mobilisation nationale et internationale urgente afin d’éviter une détérioration dramatique de la situation.
Cette « urgence silencieuse », comme la qualifie OCHA, met en lumière la détresse d’une population oubliée. Dans les abris improvisés de Djugu, les déplacés vivent dans l’angoisse, attendant un retour à la paix et la possibilité de reconstruire leur vie.
« Il est temps que le monde regarde vers l’Ituri. Ce drame ne peut plus rester dans l’ombre », a déclaré un acteur humanitaire local.


