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Tension à Lubumbashi : la réhabilitation de Joyce Tunda à la tête de la mairie provoque la colère de l’association Sempya

Une vive tension a éclaté ce lundi matin dans plusieurs quartiers de Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga, après l’annonce de la réhabilitation de Joyce Tunda comme maire ai (ad intérim) de la ville. Cette décision administrative, saluée par certains, a en revanche déclenché la colère d’une partie de la population, notamment de l’association socio-culturelle Sempya, qui dénonce une violation du principe d’autochtonicité dans la gestion des entités locales.

Peu après la publication de la décision, des dizaines de jeunes affiliés à l’association Sempya sont descendus dans les rues du centre-ville, brandissant des pancartes et scandant des slogans hostiles à la nouvelle autorité urbaine.
Selon des témoins sur place, plusieurs artères principales ont été barricadées, provoquant une paralysie temporaire du trafic sur certaines avenues très fréquentées de Lubumbashi.

« Shiye paka Kafwimbi ! », criaient les manifestants, en référence à Patrick Kafwimbi, l’ancien maire intérimaire dont ils réclament le maintien à la tête de la ville.

Dans un communiqué publié dans la matinée, le mouvement socio-culturel Sempya a fermement rejeté la réhabilitation de Joyce Tunda, estimant que cette nomination constitue un mépris à l’égard des fils et filles autochtones de Lubumbashi.

« Nous ne sommes pas contre les décisions du gouvernement, mais nous exigeons que le principe d’autochtonicité soit respecté. La ville de Lubumbashi doit être dirigée par quelqu’un qui en comprend les réalités socioculturelles », peut-on lire dans le communiqué signé par le président de l’association.

Alertées, les forces de l’ordre ont été déployées sur les points chauds de la ville, notamment sur l’avenue Kasa-Vubu et le boulevard Lumumba, afin de rétablir la circulation et disperser les manifestants.
Selon des sources sécuritaires, aucun incident majeur n’a été signalé, mais la tension reste palpable dans certains quartiers périphériques.

Un officier de police, contacté par Victoria News, a assuré que la situation est progressivement sous contrôle, tout en invitant la population à la retenue et au respect de l’autorité établie.

Cette affaire remet une fois de plus sur la table le délicat débat de l’autochtonicité et de la représentativité locale dans la gestion des institutions urbaines.
Certains analystes estiment que la réaction de l’association Sempya traduit un malaise identitaire profond au sein de la population lushoise, souvent divisée sur la question de la légitimité des dirigeants locaux.

Pour l’heure, ni Joyce Tunda ni le gouverneur du Haut-Katanga n’ont encore réagi publiquement à cette vague de contestation.

Par Coco Kingson Cabamba

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