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Conflit d’idées : Kutino Fernando accuse Joseph Kabila d’avoir usurpé Sauvons le Congo

Dans une déclaration au ton particulièrement virulent, le pasteur et leader religieux Kutino Fernando est sorti de son silence pour s’en prendre ouvertement à l’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange. L’homme de Dieu, connu pour ses prises de position politiques dans les années 2000, accuse l’ex-chef d’État d’avoir non seulement « volé » son slogan Sauvons le Congo, mais aussi d’avoir « échoué à redresser le pays » durant ses 18 années au pouvoir.

« Le président Joseph Kabila, l’homme qui m’a condamné à mort, a volé mon concept Sauvons le Congo. Il a dirigé le pays pendant 18 ans sans rien faire. Maintenant, il veut sauver quoi ? », a lancé Kutino Fernando dans une récente sortie médiatique qui fait déjà grand bruit sur les réseaux sociaux.

Ces propos, empreints d’une forte charge émotionnelle, renvoient à la rivalité idéologique qui opposait autrefois le pasteur à l’ancien président. Kutino affirme avoir été le premier à lancer le slogan Sauvons le Congo bien avant que le camp Kabila ne s’en inspire dans ses discours politiques et initiatives de mobilisation nationale.

Il faut rappeler que Kutino Fernando avait été arrêté en 2006 puis condamné à mort, avant de voir sa peine commuée. Son arrestation, très médiatisée à l’époque, était intervenue à la suite d’accusations d’incitation à la rébellion et d’atteinte à la sûreté de l’État.
Ses partisans ont toujours soutenu qu’il s’agissait d’un procès politique orchestré pour faire taire une voix dissidente qui dénonçait déjà la gouvernance du régime Kabila.

Joseph Kabila, qui a dirigé la République démocratique du Congo de 2001 à 2019, reste une figure controversée. Si certains lui reconnaissent le mérite d’avoir stabilisé partiellement le pays après la guerre, d’autres, comme Kutino Fernando, estiment qu’il a laissé derrière lui un Congo affaibli, miné par la corruption, la pauvreté et les conflits armés persistants à l’Est.

Aujourd’hui encore, la figure de Kabila continue de diviser la classe politique congolaise. Ses partisans mettent en avant son rôle de « pacificateur » et de « bâtisseur de la démocratie », tandis que ses détracteurs rappellent les dérives autoritaires, la fraude électorale et la gestion clanique du pouvoir.

Depuis sa libération, le pasteur Kutino Fernando a repris ses activités religieuses et ses interventions publiques, mêlant souvent prédication et engagement civique. Sa dernière déclaration s’inscrit dans une dynamique de réveil spirituel et patriotique qu’il dit vouloir insuffler à la jeunesse congolaise.

« Sauvons le Congo n’est pas un slogan politique, mais un cri du cœur pour la restauration morale et spirituelle de notre nation », insiste-t-il.

Les propos de Kutino Fernando viennent raviver le débat sur la place des leaders religieux dans la vie politique congolaise, ainsi que sur la récupération politique des idées citoyennes par les anciens dirigeants.
Si le camp de Joseph Kabila n’a pas encore réagi officiellement, cette sortie du pasteur pourrait marquer le début d’un nouveau bras de fer symbolique entre deux visions du salut national : celle du pouvoir passé et celle d’une société civile prophétique.

Par Coco Kingson Cabamba

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