
Une nouvelle controverse éclabousse le Fonds de réparation des victimes des affrontements entre les armées rwandaise et ougandaise à Kisangani (Frivao). En séjour dans la province de la Tshopo, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a été saisi ce vendredi par une association des victimes de la guerre de six jours au sujet d’une gestion jugée opaque et partiale des fonds alloués à leur indemnisation.
Lors d’un échange direct avec le ministre, Dieudonné Katusi, président d’une association représentant plusieurs centaines de victimes, a tiré la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de « détournement moral et administratif » des sommes promises par l’État congolais.
« La gestion du Frivao n’a pas été meilleure. Le Frivao n’a pas payé les gens convenablement comme c’était dans la vision du président de la République. (…) La liste des victimes avait été bien établie avec des adresses, mais le Frivao a rejeté ça et a pris des noms par des cartes d’électeurs et des recommandations par-ci par-là, ce qui a fait que le Frivao soit un échec ici à Kisangani », a déclaré M. Katusi.
« Le premier groupe comme le deuxième groupe n’ont pas bien travaillé. Ils ont œuvré pour leurs propres intérêts. Ils se sont servis de notre argent comme de leur bien personnel. Au lieu de nous servir, ils se sont servis », a-t-il ajouté avec amertume.
Selon plusieurs sources locales, le processus d’indemnisation lancé sous l’égide du Fonds de réparation des victimes de la guerre de six jours (Frivao) devait initialement permettre à des milliers de familles touchées par le conflit de 2000 de bénéficier d’un soutien financier, conformément aux promesses présidentielles. Mais sur le terrain, la désillusion est grande : nombreux sont ceux qui affirment n’avoir jamais perçu le moindre franc, tandis que d’autres dénoncent des versements partiels et arbitraires.
Les témoignages recueillis par la presse locale évoquent un manque de transparence dans la sélection des bénéficiaires, des favoritismes politiques, ainsi que des erreurs d’identification massives. Des irrégularités qui jettent le doute sur la crédibilité du mécanisme mis en place pour panser les plaies d’un conflit particulièrement meurtrier, ayant causé la mort de plus de 1 000 civils et laissé des centaines d’autres handicapés ou traumatisés à vie.


