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Le colonel Mesmin Kakule avoue avoir participé à la préparation d’un coup d’État contre le régime de Kinshasa

Le colonel Mesmin Kakule, présenté par le parquet militaire comme le principal instigateur de la tentative de coup d’État menée par un groupe d’officiers des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), a reconnu ce lundi devant la Haute cour militaire les faits qui lui sont reprochés. L’audience s’est tenue en foraine à la prison militaire de Ndolo, dans le nord de Kinshasa, en présence de plusieurs accusés et d’un important dispositif sécuritaire.

Selon la déposition du colonel Kakule, tout aurait commencé par un contact avec un certain Nzanzu, présenté comme un compatriote vivant au Canada. Ce dernier aurait initialement évoqué la création d’une société minière, avant de révéler l’existence d’un projet politique et militaire soutenu, selon ses dires, par des intérêts étrangers.

« J’ai été contacté par le prévenu Nzanzu, qui était venu du Canada. Dans un premier temps, il a été question pour nous de créer une société minière, selon les dires de Nzanzu. Il m’avait ensuite mis au parfum que le Rwanda, par le truchement des multinationales, cherche à renverser le pouvoir de Kinshasa, parce que ledit régime est de mèche avec des gens qui exploitent les minerais. C’est ainsi qu’ils nous avaient chargés de monter ce coup d’État, en vue de nous installer et d’avoir ces minerais »,
a déclaré le colonel Mesmin Kakule devant la cour.

Les aveux du colonel Kakule confirment en partie la thèse du parquet militaire, selon laquelle cette tentative de déstabilisation du régime visait à installer un pouvoir favorable à certains réseaux économiques étrangers impliqués dans l’exploitation illégale des ressources minières congolaises.

L’audience, suivie avec attention par le public et les médias, s’inscrit dans une procédure judiciaire d’envergure visant plusieurs officiers supérieurs accusés de trahison, complot et atteinte à la sûreté de l’État.

Des observateurs estiment que cette affaire met en lumière les vulnérabilités internes de l’armée congolaise et les tentatives d’infiltration étrangères dans le secteur sécuritaire.

La Haute cour militaire a annoncé la poursuite des audiences dans les jours à venir, au cours desquelles d’autres accusés devraient être entendus. Le verdict final pourrait tomber avant la fin de l’année, selon des sources judiciaires proches du dossier.

Par la rédaction

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