
Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), sous la présidence de Christian Bosembe, a convoqué le journaliste Steve Wembi, actuellement en exil, à comparaître le lundi 17 novembre 2025 à 12h, à la suite d’une plainte déposée par la RAWBANK.
Selon une correspondance officielle signée par M. Bosembe et parvenue à la rédaction de Victoria News Online, l’institution de régulation des médias met en garde le journaliste contre toute sanction disciplinaire pouvant découler d’une éventuelle non-comparution.
« Le CSAC rappelle à M. Steve Wembi qu’il est tenu de répondre à la convocation conformément à la loi régissant la presse en République démocratique du Congo. En cas d’absence non justifiée, des mesures prévues par la réglementation en vigueur seront appliquées », peut-on lire dans le document.
La plainte introduite par la RAWBANK, l’une des plus importantes institutions financières du pays, ferait suite à des publications jugées diffamatoires attribuées au journaliste sur les réseaux sociaux et dans certaines interventions médiatiques. Le contenu précis de la plainte n’a toutefois pas été rendu public à ce stade.
De son côté, Steve Wembi, ancien collaborateur de l’agence de presse chinoise Xinhua et du New York Times, est désormais présenté comme communicateur du mouvement rebelle AFC/M23, actif dans l’Est du pays.
En exil depuis plus de deux ans, il s’est éloigné du territoire congolais après avoir, selon plusieurs sources sécuritaires, été recruté par les rebelles du M23 dans leur appareil de communication.
Cette convocation soulève de nombreuses interrogations dans le milieu médiatique congolais. Plusieurs observateurs s’interrogent sur la portée juridique d’une convocation adressée à un journaliste en exil, et sur la manière dont le CSAC entend faire respecter sa décision.
Le président du CSAC, Christian Bosembe, insiste cependant sur la neutralité et la légalité de la démarche. « Le Conseil agit dans le cadre de ses prérogatives légales et ne fait qu’appliquer la loi », aurait indiqué un proche du président de l’institution.
Cette affaire intervient dans un contexte marqué par une tension croissante entre certaines institutions publiques et la presse congolaise, notamment autour de la question de la désinformation et de l’éthique journalistique.
Le CSAC, souvent appelé à arbitrer des différends entre médias, personnalités et entreprises, semble vouloir affirmer son autorité à travers ce dossier emblématique.
Reste à savoir si Steve Wembi, dont la localisation exacte demeure inconnue, répondra à la convocation ou choisira de maintenir le silence depuis son lieu d’exil.

