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Goma : des taxes illégales imposées par les rebelles jusque sur les enterrements

Dans les zones sous contrôle du mouvement rebelle M23/RDF, les habitants vivent désormais sous une véritable asphyxie fiscale. Des taxes illégales sont imposées sur presque tous les aspects de la vie quotidienne, du transport à l’agriculture, en passant par… les enterrements.

Au cimetière de Makao, symbole d’une souffrance collective, la douleur des familles endeuillées s’accompagne désormais d’une obligation humiliante : payer une taxe pour enterrer leurs morts. « Même pour accéder au cimetière, les rebelles exigent une taxe de stationnement », témoigne un habitant, visiblement révolté mais impuissant.

Selon plusieurs sources locales, cette pratique se serait installée progressivement, au point de devenir une norme tacitement acceptée par une population qui vit dans la peur. Toute contestation est perçue comme une défiance et se solde par des punitions sévères, voire des détentions arbitraires.

Les perceptions forcées ne s’arrêtent pas là :

  • Les agriculteurs sont contraints de payer un montant à chaque retour des champs, y compris lorsqu’ils ne transportent qu’un simple régime de bananes.
  • Les voyageurs doivent s’acquitter d’une somme avant d’embarquer sur les bateaux ou les pirogues.
  • Les commerçants et petites entreprises sont également soumis à des prélèvements réguliers, sans reçu ni justification.

« Nous souffrons ici comme pas possible. Il ne reste plus qu’à payer une taxe sur la respiration », ironise un habitant de Goma, épuisé par la situation.

Cette pression fiscale informelle, imposée par la force, a entraîné la fermeture de nombreuses boutiques et petites entreprises incapables de supporter ces charges arbitraires. Le tissu économique local, déjà fragilisé par les affrontements et les déplacements massifs de populations, s’en trouve encore plus affaibli.

Les autorités provinciales du Nord-Kivu, réfugiées dans les zones encore sous contrôle gouvernemental, dénoncent régulièrement ces pratiques du M23, qu’elles qualifient de « racket organisé ». Mais sur le terrain, aucune amélioration n’est visible pour les civils, pris en otage entre la peur des armes et l’étouffement des taxes.

Alors que les négociations régionales peinent à aboutir, les habitants de Goma et des zones occupées continuent d’appeler à une action urgente pour mettre fin à ce qu’ils décrivent comme une double peine : vivre sous occupation et payer pour survivre.

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