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Le Rwanda signe un accord pour accueillir des personnes expulsées des États-Unis

Le gouvernement rwandais a officiellement conclu un accord avec les États-Unis pour accueillir jusqu’à 250 personnes expulsées du territoire américain. Cet arrangement s’inscrit dans la continuité du programme de déportation vers des pays tiers, une politique amorcée sous l’administration Trump et poursuivie de manière plus discrète sous les gouvernements suivants.

Selon une déclaration de Yolande Makolo, porte-parole du gouvernement rwandais, l’accord reflète les valeurs fondamentales du pays en matière d’accueil et de réintégration :

« Le Rwanda a accepté cet accord avec les États-Unis en partie parce que presque toutes les familles rwandaises ont connu les difficultés liées au déplacement, et que nos valeurs sociétales reposent sur la réintégration et la réhabilitation », a-t-elle affirmé à l’agence Reuters.

L’accord a été signé en juin dernier à Kigali. Selon un haut responsable rwandais ayant requis l’anonymat, les autorités américaines ont déjà transmis une première liste de dix noms de personnes concernées par le transfert. Il s’agirait, selon nos sources, de migrants ayant épuisé toutes les voies de recours légales aux États-Unis et acceptant d’être relocalisés dans un pays tiers au lieu d’être renvoyés dans leur pays d’origine, souvent jugé trop dangereux.

Un précédent qui soulève des débats

Ce n’est pas la première fois que le Rwanda se positionne comme pays d’accueil dans le cadre de partenariats migratoires. En 2021, un accord similaire avait été négocié avec le Royaume-Uni, provoquant un tollé dans les milieux des droits humains. Aujourd’hui, alors que les États-Unis relancent ce type de dispositif, Kigali semble vouloir continuer à jouer un rôle actif sur la scène humanitaire et migratoire internationale.

Cependant, plusieurs ONG internationales et organisations locales appellent à la vigilance. Elles s’interrogent sur les conditions d’accueil et d’intégration réelles offertes à ces nouveaux arrivants, souvent en situation de grande vulnérabilité.

Une stratégie d’image pour Kigali ?

Pour certains observateurs, cet accord est aussi une manière pour le Rwanda de renforcer son image de pays stable et solidaire sur le plan international. En se positionnant comme partenaire fiable dans la gestion des crises migratoires, Kigali cherche à attirer davantage de coopération bilatérale, notamment sur le plan économique et sécuritaire.

Prochaines étapes

La liste complète des personnes concernées n’a pas encore été rendue publique. Toutefois, selon les informations disponibles, les premiers transferts pourraient intervenir d’ici la fin de l’année, une fois les procédures administratives et de sécurité achevées.

À suivre de près…

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