
La soirée du samedi 22 novembre a viré au cauchemar pour les habitants du quartier Mosquée, à Sake, localité située à 27 kilomètres à l’ouest de Goma. Aux alentours de 20h, plusieurs hommes armés ont lancé une série d’incursions coordonnées, semant panique et désolation dans cette cité déjà éprouvée par l’instabilité chronique de la région.
Des assaillants lourdement armés dans les maisons
Selon des témoignages concordants recueillis sur place, les individus armés ont pénétré plusieurs habitations avant de tirer en l’air, une stratégie d’intimidation qui a paralysé les familles terrées dans leurs maisons.
Les assaillants ont ciblé plusieurs foyers simultanément, emportant téléphones, argent, vêtements et autres biens de valeur sous les yeux impuissants des victimes.
« Ils ont défoncé les portes, fouillé les maisons et pris tout ce qu’ils pouvaient. On vit dans un enfer à Sake », raconte, la voix tremblante, un habitant qui a requis l’anonymat.
Une cité sous contrôle du M23, mais minée par le chaos
Passée sous contrôle des rebelles du M23 soutenus par le Rwanda, Sake ne connaît pourtant pas l’accalmie que certains habitants espéraient. Bien au contraire, les actes criminels semblent s’accentuer. Une partie de la population accuse certains éléments du mouvement rebelle de manquer de discipline, voire d’entretenir des complicités avec des réseaux de banditisme.
Entre FDLR, Wazalendo et bandits : un brouillard sécuritaire total
À cette confusion s’ajoutent des informations provenant de sources locales évoquant la présence de combattants des FDLR et des miliciens Wazalendo qui opéreraient depuis les abords du parc national des Virunga. Ils se mêleraient ensuite à la population après leurs attaques, brouillant davantage les pistes.
Les responsabilités restent difficiles à établir, mais une certitude s’impose : Sake est devenue une zone où s’entrecroisent groupes armés, banditisme et rivalités territoriales, plongeant les civils dans une insécurité permanente.
Kimoka également touchée par une insécurité quotidienne
La situation n’est guère meilleure à Kimoka, localité voisine où les incursions nocturnes seraient désormais quasi quotidiennes. Les habitants y rapportent des pillages répétés, souvent attribués à des bandes armées opérant la nuit, sans aucune intervention significative des forces de sécurité.
« Nous sommes abandonnés » : le cri d’alarme de la population
Épuisée par la peur et la répétition des attaques, la population lance un appel pressant aux autorités provinciales et nationales.
« Que les autorités militaires viennent nous secourir. Nous vivons dans la peur chaque soir, personne ne nous protège », supplie un habitant de Sake.
Les communautés locales appellent également à un appui humanitaire urgent pour les familles traumatisées ou dépouillées de leurs biens.


