
Dans une lettre officielle adressée au président du parti Ensemble pour la République, Daniel Nsafu Butshiemuni a formalisé sa démission, tout en annonçant son ralliement sans réserve à la plateforme politique « Sauvons la RDC ». Ce document, dont copie a été transmise à la coordination nationale de « Sauvons la RDC », motive cette décision par des raisons idéologiques et stratégiques profondes.
La démission de M. Butshiemuni prend effet « à compter de la date de la réception de la présente lettre par les instances compétentes du Parti », peut-on lire dans la correspondance datée et référencée N°Réf : 001/DNB/EP/11/025. L’auteur de la lettre précise avoir pris cette décision mûrement réfléchie en raison d’un désaccord fondamental avec l’orientation actuelle de son ancienne formation.
Le cœur du désaccord réside dans ce que Daniel Nsafu Butshiemuni qualifie de « déphasage de la position actuelle du Parti ». Il reproche à Ensemble pour la République de « privilégier le particularisme politique au détriment de la priorité absolue à l’unité de l’action des forces politiques et sociales ».
Pour lui, la situation nationale exige une coalition large et unie autour d’un « projet consensuel crédible » et d’un « leadership consensuel et dynamique ». Les missions urgentes de ce leadership, telles qu’il les définit, sont sans équivoque :
- Éradiquer « toute velléité à la tyrannie qui s’installe dans notre pays ».
- Contribuer à la « restauration de l’État de droit » et au « rétablissement de l’autorité de l’État ».
- S’opposer farouchement à la « détérioration de la situation sécuritaire, socioéconomique et environnementale », particulièrement dans l’Est du pays.
- Enrayer « la faillite de l’État au plan interne et l’érosion du prestige de la Nation au plan international ».
Face à ce qu’il décrit comme un « foisonnement et une dispersion des forces politiques et citoyennes », M. Butshiemuni voit dans la plateforme « Sauvons la RDC » l’incarnation de la coordination et du consensus nécessaires. Il y perçoit une « volonté réelle et opérationnelle de résistance nationale » portée par un leadership qu’il qualifie de « consensuel, énergique, de dimension nationale, de statut d’homme d’État et de stature universelle ».
Il justifie son adhésion, ainsi que celle du mouvement « Flamme » qu’il représente, par la cohérence des objectifs de « Sauvons la RDC » avec ses convictions. Il estime qu’un « responsable unique sur le plan opérationnel » est une « nécessité impérieuse » pour faire face à « l’effondrement des repères républicains, à la négation de l’État de droit et à la dissolution progressive de la souveraineté ».
Dans sa lettre, Daniel Nsafu Butshiemuni ne se contente pas d’acter son départ et son nouveau positionnement. Il lance un « vibrant appel à toutes et à tous pour une adhésion consciente et massive » à la plateforme « Sauvons la RDC », qu’il présente comme « la seule alternative crédible » capable de « terrasser et de neutraliser cette dérive autocratique ».
Concluant sa missive sur une note personnelle, il remercie néanmoins le président d’Ensemble pour la République pour « la confiance accordée » et les « opportunités » de servir le parti, précisant qu’il en « gardera un bon souvenir ».
Cette démission marque un nouveau chapitre dans le parcours politique de Daniel Nsafu Butshiemuni et illustre les recompositions en cours au sein de l’opposition congolaise, où les appels à l’union face au pouvoir en place se multiplient, tout en révélant les fractures et les divergences stratégiques qui persistent.



