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Paul Kagame exige « ses droits » avant toute fin des hostilités dans l’Est congolais

Alors que les efforts diplomatiques s’intensifient dans la région des Grands Lacs après la signature, le 27 juin dernier à Washington, d’un accord de paix visant à mettre fin à trois décennies d’instabilité, le président rwandais Paul Kagame ravive les tensions en posant de nouvelles conditions à la cessation des combats en République démocratique du Congo.

Dans une déclaration ferme, le chef de l’État rwandais a accusé les autorités congolaises de « nier les faits » et a exigé la satisfaction de ce qu’il qualifie de « droits légitimes » avant d’accepter un arrêt des hostilités, notamment celles menées par les rebelles du M23, largement considérés comme soutenus par Kigali.

« Si vous ne me donnez pas mon droit, nous continuerons à nous battre »

Paul Kagame n’a pas mâché ses mots :

« Si vous ne me donnez pas mon droit, cela signifie que nous nous battons. Nous nous battrons, sans aucun doute. »

Une phrase qui sonne comme un avertissement direct à Kinshasa, au moment où les partenaires internationaux encouragent un retour à la stabilité dans l’Est de la RDC.

Une déclaration qui renforce les soupçons sur le rôle du Rwanda dans le M23

Le président rwandais est allé plus loin en se mettant, de manière imagée, dans la peau d’un responsable du mouvement rebelle M23 :

« Si j’étais à votre place et que vous veniez me dire que vous vouliez Goma, Kavumu, Bukavu ou toute la région Est de la RDC, pas de problème non plus, mais à condition que vous résolviez mes problèmes. »

Une phrase interprétée par plusieurs observateurs comme une reconnaissance implicite des revendications territoriales ou stratégiques soulevées par les rebelles.

Un contexte de paix fragile malgré l’accord de Washington

L’accord signé à Washington en juin dernier avait suscité un espoir de désescalade, après des années de combats entre les forces congolaises (FARDC), les groupes d’autodéfense locaux et le M23.

La RDC, qui accuse Kigali de soutenir militairement, logistiquement et diplomatiquement ces rebelles, voit dans cette nouvelle sortie médiatique de Kagame une provocation supplémentaire, susceptible de compromettre les négociations en cours.

Kinshasa garde le silence, la région retient son souffle

Au moment de cette publication, les autorités congolaises n’ont pas officiellement réagi aux propos du président rwandais. Cependant, au sein de l’opinion congolaise, ces déclarations ravivent le sentiment d’ingérence rwandaise et renforcent l’appel à une réponse ferme de la part de Kinshasa et de ses partenaires.

Vers une escalade ou une reprise du dialogue ?

Les prochaines semaines seront cruciales pour la stabilité régionale. Alors que plusieurs médiations sont en cours – incluant les États-Unis, la CIRGL et l’Union africaine – les déclarations de Kagame risquent de fragiliser un processus déjà délicat.
La communauté internationale appelle les deux pays à la retenue, tandis que les populations de l’Est de la RDC continuent de payer le prix le plus lourd de ce conflit prolongé.

Par Coco Kingson Cabamba

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