
Le président de l’ASADHO, Jean-Claude Katende, a réagi vigoureusement aux pressions des terroristes du M23, soutenus par le Rwanda, qui exigent le brassage et mixage des troupes congolaises avec les leurs dans le cadre des négociations sécuritaires. Pour l’activiste des droits humains, cette pratique constitue une porte ouverte à l’infiltration et au contrôle étranger de l’armée congolaise.
Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, Jean-Claude Katende affirme :
“La position du Président Tshisekedi de s’opposer au brassage et mixage des troupes rwandaises et troupes congolaises mérite d’être soutenue par tous les Congolais. Ce sont des pratiques qui ont toujours permis au Rwanda de continuer à contrôler notre armée et nos institutions. Cette fois-ci…”
Cette prise de position survient au moment où Kigali et ses supplétifs du M23 multiplient les manœuvres politiques pour tenter d’obtenir cette mesure, présentée comme un geste “d’apaisement”. Mais pour plusieurs observateurs, il s’agit en réalité d’un stratagème déjà utilisé par le passé pour diluer les forces loyalistes et y intégrer des éléments étrangers.
Le brassage et le mixage ont été largement appliqués entre 2003 et 2012, notamment lors de l’intégration dans les FARDC de plusieurs groupes rebelles issus du CNDP, ancêtre du M23.
Résultat :
- infiltration massive de l’armée ;
- prise de contrôle stratégique de certaines unités par des officiers liés au Rwanda ;
- rébellions répétées menant à de nouvelles guerres dans le Rutshuru, Masisi et Nyiragongo.
Pour Jean-Claude Katende, reproduire ce schéma aujourd’hui serait une faute historique.
L’activiste appelle l’ensemble des Congolais, toutes tendances confondues, à soutenir la fermeté du chef de l’État :
- pour préserver la souveraineté militaire ;
- pour empêcher la résurgence d’un cycle d’infiltration-institutionnalisation-rébellion ;
- pour restaurer la crédibilité de l’armée face aux groupes terroristes.
« Il ne s’agit pas d’une décision politique, mais d’une question de sécurité nationale », soutient un analyste contacté par Victorianews.
Le M23 contrôle encore plusieurs zones du Nord-Kivu, notamment dans le Rutshuru et une partie du Masisi, et bénéficie d’un soutien logistique, militaire et politique du Rwanda selon les rapports onusiens et des chancelleries occidentales.
Kinshasa a réaffirmé à plusieurs reprises qu’aucune négociation impliquant une intégration des terroristes ne serait acceptée.
La sortie de Jean-Claude Katende renforce la ligne dure adoptée par Kinshasa et vient rappeler la méfiance quasi unanime de la société civile face aux pratiques de brassage et mixage.
Dans un contexte où le M23 tente de s’imposer comme interlocuteur politique, la position de l’État congolais — soutenue par plusieurs leaders d’opinion — semble plus que jamais non négociable.


