
Dans un nouveau tournant politique majeur, l’ex-député national Daniel Safu, figure emblématique du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, a confirmé avoir rejoint le mouvement rebelle M23 aux côtés de Corneille Nangaa, leader politique de l’AFC. L’annonce, faite lors d’un entretien exclusif avec le journaliste Stanys Bujakera, amplifie le séisme politique qui secoue actuellement l’opposition congolaise.
« J’ai rejoint Corneille Nangaa », déclare Daniel Safu, ajoutant qu’il se trouve désormais « à Goma en tant que leader de l’Ouest : Kinshasa, Kongo Central et Bandundu ». L’ancien député raconte avoir parcouru « plus de 80 km à pied » pour atteindre les zones contrôlées par la rébellion.
Il affirme apporter à l’alliance politico-militaire un soutien « physique, métaphysique, intellectuel et psychologique », illustrant l’étendue de son engagement personnel.
Interrogé sur les motivations de sa défection, Daniel Safu évoque une série de frustrations et de pressions qu’il estime avoir subies de la part des autorités : « On a retenu mes huit mois d’émoluments. Ils ont saisi mon passeport. Ils ont visité ma maison à plusieurs reprises. J’ai reçu des menaces. » Autant d’éléments qui, selon lui, ont alimenté sa décision de rallier le camp hostile au pouvoir de Kinshasa.
Un revers stratégique pour Ensemble : deuxième parti ayant fourni le plus de ralliements à l’AFC
Du côté d’Ensemble pour la République, cette défection représente un nouveau coup dur. Le parti de Moïse Katumbi est désormais officiellement le deuxième parti politique ayant enregistré le plus grand nombre de membres ayant rallié le mouvement politico-militaire AFC, juste après le PPRD de l’ancien président Joseph Kabila. Cette dynamique interne accroît les interrogations sur les fractures profondes qui traversent les formations politiques face à la crise sécuritaire à l’Est.
Un contexte sécuritaire de plus en plus complexe
Cette annonce survient alors que le M23 poursuit son expansion militaire dans plusieurs zones du Nord-Kivu, exacerbant les tensions régionales et défiant les appels internationaux à la désescalade. L’arrivée de Daniel Safu dans les rangs de la rébellion pourrait avoir des répercussions politiques nationales, notamment en renforçant la perception d’un conflit désormais alimenté par des luttes internes au sein des élites politiques congolaises.
À l’heure actuelle, aucune réaction officielle du gouvernement n’a été publiée. Toutefois, plusieurs responsables sécuritaires, contactés off the record, estiment que ce ralliement constitue « un signal inquiétant », susceptible d’encourager d’autres personnalités politiques frustrées à franchir la même ligne.
Alors que le pays traverse une période particulièrement volatile, cette défection ajoute une nouvelle couche de complexité à la crise de l’Est et redéfinit, une fois de plus, le paysage politique congolais.



