
Dans un contexte sécuritaire et humanitaire de plus en plus alarmant dans la sous-région des Grands Lacs, particulièrement en République démocratique du Congo (RDC), le Cardinal Fridolin Ambongo Besungu est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « paix illusoire » fondée sur des accords qui marginalisent les Congolais et favorisent la prédation des ressources nationales.
S’exprimant lors d’une messe solennelle célébrée à la Cathédrale Notre-Dame du Congo, le président de l’Association des Conférences Épiscopales de l’Afrique Centrale (ACEAC) a rappelé avec force que « la seule paix authentique est une paix désarmée et désarmante », insistant sur la nécessité d’une solution durable qui place l’humain et la souveraineté des peuples au cœur des processus de paix.
Uvira, symbole des limites des accords internationaux
Le prélat s’est interrogé sur la crédibilité des initiatives diplomatiques en cours, notamment après la chute de la ville d’Uvira, intervenue à moins d’une semaine de la ratification des accords de Washington.
« Comment comprendre qu’à peine ces accords ratifiés, une ville stratégique comme Uvira tombe sous occupation ? », a-t-il questionné devant une assemblée attentive.
Pour le Cardinal Ambongo, cet événement met crûment en lumière les limites de certains accords régionaux et internationaux qui, selon lui, échouent à garantir la sécurité des populations congolaises tout en laissant prospérer les groupes armés et leurs soutiens.
Une paix sans les Congolais ?
Dans son homélie, le Cardinal a dénoncé des processus de paix qui « excluent subtilement les Congolais » et qui, sous couvert de normalisation diplomatique, tendraient à légitimer le pillage systématique des ressources naturelles de la RDC.
Il a appelé la communauté internationale à revoir ses approches et à rompre avec des mécanismes qui, au lieu de stabiliser la région, contribuent à l’aggravation des conflits.
Un appel moral et politique
Au-delà de la dénonciation, l’ACEAC, par la voix de son président, lance un appel pressant aux dirigeants africains, aux partenaires internationaux et aux acteurs locaux à s’engager pour une paix juste, inclusive et respectueuse de la dignité des peuples.
« La paix ne peut être imposée par les armes ni négociée au détriment des populations », a martelé le Cardinal Ambongo.
Cette prise de position de l’Église catholique intervient alors que l’Est de la RDC continue de s’enfoncer dans l’instabilité, avec des conséquences humanitaires majeures et une inquiétude croissante quant à l’avenir de la région des Grands Lacs.



