
La Coalition nationale des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), communément appelés Wazalendo, a franchi une étape importante de son organisation interne avec l’élection, samedi à Kinshasa, d’un nouveau directeur exécutif national. À l’issue d’une assemblée générale réunissant des délégués venus de plusieurs provinces de la République démocratique du Congo, le professeur Dady Saleh Emmanuel a été porté à la tête de l’organe exécutif de la coalition.
Une assemblée nationale à forte représentativité
La rencontre a rassemblé des représentants de groupes locaux engagés aux côtés des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans diverses zones confrontées à l’insécurité. Des délégués en provenance du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri, du Tanganyika, de la Tshopo, du Maniema ainsi que de l’espace Kasaï ont pris part aux travaux, illustrant la volonté des Wazalendo de se doter d’une structure à portée nationale.
Les échanges ont principalement porté sur la structuration interne de la coalition, la clarification des mécanismes de prise de décision et la mise en place d’un directoire exécutif national. Cet organe est présenté par les participants comme un cadre de coordination destiné à harmoniser les actions des VDP sur l’ensemble du territoire et à renforcer la cohérence de leur engagement aux côtés des forces régulières.
Dady Saleh Emmanuel à la tête de l’exécutif
Élu directeur exécutif national, le professeur Dady Saleh Emmanuel est une figure connue dans le débat public, notamment à Goma, où il s’est illustré par des prises de position sur les enjeux sécuritaires et politiques. Candidat lors de précédentes échéances électorales, il est associé à une approche axée sur la mobilisation communautaire, l’autonomie locale et l’organisation structurée des initiatives d’autodéfense.
Dans son adresse à l’assemblée, le nouveau directeur exécutif a insisté sur la nécessité de doter les Wazalendo d’une chaîne de coordination claire, tout en réaffirmant que l’action des VDP s’inscrit dans un cadre d’appui à l’armée nationale, sans ambition de se substituer aux institutions de l’État.
Un conseil d’administration confié à Willy Mishiki
La nouvelle équipe dirigeante comprend également le député national Willy Mishiki, élu de Walikale, désigné président du conseil d’administration de la coalition. Ce dernier s’est récemment fait remarquer par ses déclarations publiques sur la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est du pays, en particulier dans le Sud-Kivu, autour de la ville d’Uvira.
Selon les responsables de la coalition, cette configuration — distinguant clairement les rôles exécutifs et ceux de gouvernance — vise à renforcer la crédibilité et l’efficacité opérationnelle des VDP, tout en améliorant la coordination avec les FARDC sur le terrain.
Entre appui sécuritaire et débat national
Dans un contexte marqué par la recrudescence des violences armées dans l’Est de la RDC, les dirigeants des Wazalendo affirment que leur engagement reste celui d’un soutien aux forces régulières, tout en plaidant pour une meilleure organisation et discipline des groupes locaux d’autodéfense.
À ce stade, aucune réaction officielle des autorités congolaises n’a encore été rendue publique concernant cette nouvelle structuration. La question de l’encadrement juridique, du rôle et de la responsabilité des groupes armés communautaires continue toutefois d’alimenter les débats au sein de la classe politique et de la société civile, entre impératifs sécuritaires et exigences de l’État de droit.
L’élection d’une direction nationale marque ainsi une nouvelle phase pour les Wazalendo, qui entendent se positionner comme un acteur structuré dans la dynamique sécuritaire du pays, tout en restant sous l’ombrelle de l’autorité de l’État congolais.

