
De présumées irrégularités financières aux implications sécuritaires dans l’Est du pays, une affaire aux ramifications politiques majeures
Une nouvelle controverse secoue l’opinion publique congolaise autour du projet minier ZANI KODO, également connu sous le nom de Carré minier KODO. Selon des révélations rendues publiques par le journaliste Mills Tshibangu, l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Corneille Nangaa, ne serait ni actionnaire reconnu ni légalement fondé à revendiquer un quelconque droit de propriété sur ce projet qu’il affirme avoir été « spolié » sous le régime du président Félix Tshisekedi.
Corneille Nangaa non reconnu comme actionnaire officiel
Documents à l’appui, Mills Tshibangu affirme que les statuts de la société ZANI KODO, qu’il dit avoir consultés et brandis publiquement, ne mentionnent pas Corneille Nangaa comme actionnaire. Ces éléments écrits viendraient contredire les déclarations de l’ancien patron de la CENI, qui soutient que ce projet minier lui aurait été « volé » avec l’aval des autorités actuelles.
Toujours selon ces mêmes sources, aucune trace juridique formelle n’attesterait l’actionnariat de Corneille Nangaa au sein de la société exploitant le carré minier.
Une implication entachée d’irrégularité juridique
L’affaire soulève également un problème de légalité. En 2018, période durant laquelle Corneille Nangaa aurait été intégré au projet, ce dernier exerçait toujours les fonctions de président de la CENI. Or, la loi n°10/13 du 28 juillet 2010, portant organisation et fonctionnement de cette institution, établit clairement une incompatibilité entre cette fonction et toute activité commerciale.
D’après Mills Tshibangu, l’implication de Corneille Nangaa dans le projet ZANI KODO se serait donc faite en violation manifeste de la loi, ce qui fragilise davantage ses prétentions actuelles.
Une intégration motivée par des considérations politiques
Les mêmes sources indiquent que le promoteur principal du projet ZANI KODO aurait accepté d’intégrer Corneille Nangaa comme participant financier, non pas en tant qu’actionnaire statutaire, mais dans l’espoir de bénéficier d’une protection politique, Nangaa étant alors perçu comme proche de l’ancien président Joseph Kabila.
Cette relation de convenance politique aurait constitué le socle d’une collaboration informelle, aujourd’hui au cœur du litige.
José Panda au centre d’un présumé détournement de fonds
Un autre acteur clé cité dans cette affaire est José Panda, actuel ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (PT-NTIC). À l’époque partenaire de Corneille Nangaa, José Panda est accusé, selon ces révélations, d’avoir détourné une partie des fonds destinés au projet minier.
Sur un montant estimé à 4 millions de dollars américains, que Corneille Nangaa aurait remis à José Panda pour être versé à la société ZANI KODO, seuls entre 1 million et 1,5 million de dollars seraient effectivement parvenus à la société, laissant planer de lourds soupçons de détournement.
Des accusations aux conséquences sécuritaires
Dans une affirmation particulièrement grave, Mills Tshibangu et d’autres observateurs estiment que José Panda ferait partie des acteurs indirects de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, en lien avec la guerre menée par Corneille Nangaa contre les institutions de la République. Une accusation qui, si elle venait à être étayée par des enquêtes judiciaires, pourrait avoir des conséquences politiques et pénales majeures.
Une affaire loin de son épilogue
À ce stade, aucune réaction officielle des personnes mises en cause n’a encore été rendue publique. Toutefois, la gravité des accusations et la sensibilité du contexte sécuritaire national rendent cette affaire particulièrement explosive.
Entre irrégularités juridiques, présumés détournements financiers et enjeux politico-sécuritaires, le dossier ZANI KODO s’impose comme un nouveau front de confrontation dans le débat public congolais.
Affaire à suivre.


