
Le ministre de la Communication et Médias, également porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, est vivement monté au créneau pour répondre aux déclarations de Monseigneur Fulgence Muteba, président de la CENCO, qu’il qualifie de « factuellement fausses » au sujet de l’Accord de partenariat stratégique signé entre la République démocratique du Congo et les États-Unis d’Amérique.
Dans une réaction publiée sur sa page officielle Facebook, Patrick Muyaya a tenu à rétablir ce qu’il considère comme la vérité des faits, dénonçant une manipulation de l’opinion publique sur un dossier qu’il juge pourtant transparent et accessible.
« Il n’existe ni accord de 99 ans, ni bradage des ressources »
Le porte-parole du Gouvernement est catégorique : contrairement aux affirmations avancées par Monseigneur Muteba dans son homélie, l’Accord RDC–USA ne prévoit aucune durée de 99 ans, aucun bradage des ressources naturelles congolaises, aucune cession de souveraineté, ni même la mention d’une mine spécifique.
« Vos propos sur l’Accord de partenariat stratégique RDC–USA sont factuellement faux », écrit Patrick Muyaya, avant de préciser que le texte signé définit uniquement des principes de coopération transparents, destinés à garantir un partenariat gagnant-gagnant entre les deux États.
Selon le ministre, l’État congolais conserve l’intégralité de ses prérogatives souveraines, y compris le droit de refuser toute proposition qui serait contraire à l’intérêt national.
Une accusation de manipulation malgré la publication officielle du texte
Patrick Muyaya se dit d’autant plus surpris par les propos de Monseigneur Muteba que l’Accord a été rendu public le jour même de sa signature, accompagné d’un briefing officiel en direct à destination de la population et des médias.
« Affirmer le contraire, malgré la publication du texte, ressemble bien à une manipulation », estime-t-il, évoquant une responsabilité morale accrue pour une autorité religieuse s’exprimant sur un sujet aussi sensible.
Une interpellation morale et biblique
Dans un ton à la fois politique et moral, le ministre de la Communication invoque les Écritures saintes, citant le livre d’Éphésiens (4:25) :
« Renoncez au mensonge, et que chacun de vous parle selon la vérité à son prochain ; car nous sommes membres les uns des autres. »
Un rappel biblique qui, selon Patrick Muyaya, aurait dû guider la prise de parole de Monseigneur Muteba, notamment à l’occasion de la messe de Noël, un moment de communion et de vérité.
Silence dénoncé sur l’agression rwandaise et les souffrances des populations
Au-delà de la question de l’Accord RDC–USA, Patrick Muyaya reproche au prélat catholique son silence sur la situation sécuritaire dramatique dans l’Est du pays, marquée par l’agression rwandaise et les exactions de ses supplétifs.
Il déplore l’absence de mots clairs pour :
- condamner les massacres quotidiens de civils, y compris des chrétiens catholiques, dans les zones sous occupation ;
- dénoncer la tentative d’expansion territoriale du Rwanda ;
- s’indigner face au pillage systématique des ressources minières congolaises ;
- évoquer la détresse de plus de 500.000 déplacés contraints à l’errance après l’attaque d’Uvira.
Rubaya et le coltan : des chiffres accablants
Le ministre pointe également le cas de Rubaya, dont l’exploitation illicite aurait permis au Rwanda d’augmenter ses exportations de coltan de 213 % entre janvier et juin 2025, selon des chiffres officiels.
« Pas un mot ! », regrette-t-il, dénonçant ce qu’il considère comme une indignation sélective.
Appel à un débat public pour la transparence
En conclusion, Patrick Muyaya met Monseigneur Muteba au défi de la vérité, l’invitant à préciser la source du prétendu engagement de 99 ans évoqué dans son homélie.
Fidèle à la ligne de transparence et de redevabilité revendiquée par le Gouvernement, il se dit ouvert à un débat public, afin d’éclairer le peuple congolais – et particulièrement les fidèles catholiques – sur le contenu réel et les enjeux de l’Accord de partenariat stratégique RDC–USA.
Par Coco Kingson Cabamba



