
Une publication du professeur Alphonse Ntumba Lwaba, diffusée sur sa page Facebook officielle, alimente depuis plusieurs heures un débat nourri au sein de l’opinion publique congolaise. L’universitaire y interpelle directement Son Éminence le Cardinal Fridolin Ambongo, archevêque métropolitain de Kinshasa, sur ce qu’il considère comme une absence d’initiatives spirituelles fortes de l’Église catholique face à la guerre persistante en République démocratique du Congo, particulièrement durant les périodes de Noël et du Nouvel An.
Une sortie publique sur les réseaux sociaux
Dans ce message publié sur Facebook, le professeur Ntumba Lwaba pose une question directe et sans détour :
« Éminence Cardinal Ambongo, pourquoi vous n’appelez pas à une trêve de Dieu à Noël et au Nouvel An ? »
À travers cette interpellation, il fait référence à la tradition chrétienne de la trêve de Dieu, historiquement observée lors des grandes fêtes religieuses, comme un temps sacré de cessation des violences, de respect de la vie humaine et de réconciliation.
La question des religieux tués en zones de conflit
Dans la même publication, le professeur Ntumba Lwaba évoque également la mémoire des religieux et religieuses morts dans les zones d’insécurité, victimes des violences armées qui frappent notamment l’Est du pays.
« Où est la messe pour les religieux morts ? », s’interroge-t-il, déplorant l’absence, selon lui, d’une célébration eucharistique solennelle à l’échelle nationale en hommage à ces hommes et femmes engagés au service de la population.
Pour l’universitaire, ces figures religieuses tombées sur le terrain méritent une reconnaissance spirituelle forte, à la hauteur de leur engagement pastoral, humanitaire et social.
Un débat relancé sur le rôle de l’Église
Cette publication Facebook relance le débat sur le rôle de l’Église catholique dans un contexte de conflit armé prolongé. Institution influente et respectée en RDC, l’Église est souvent attendue sur des prises de position morales et symboliques capables de mobiliser les consciences, tant au niveau national qu’international.
La sortie du professeur Ntumba Lwaba intervient alors que de nombreux Congolais dénoncent la banalisation des massacres et l’absence de signaux forts en faveur d’une paix durable, notamment lors des grandes célébrations chrétiennes, perçues comme des moments privilégiés pour lancer des appels solennels à l’arrêt des hostilités.
Réactions contrastées dans l’opinion
Sur les réseaux sociaux, la publication suscite des réactions contrastées. Certains internautes saluent le courage de l’universitaire et estiment que l’Église devrait jouer un rôle plus visible dans l’appel à la trêve et la commémoration des victimes. D’autres rappellent que le Cardinal Ambongo et la CENCO se sont déjà exprimés à plusieurs reprises sur la situation sécuritaire et les souffrances du peuple congolais, privilégiant parfois la diplomatie pastorale et la médiation discrète.
Une interpellation à forte portée symbolique
Au-delà de la personne du Cardinal Ambongo, cette interpellation publiée sur Facebook apparaît comme un appel plus large à la conscience morale et spirituelle de la nation. Elle met en lumière l’attente d’une partie de la population envers les autorités religieuses, perçues comme des repères éthiques dans un pays meurtri par des décennies de conflits.
Dans un contexte marqué par la violence, la question posée par le professeur Alphonse Ntumba Lwaba demeure centrale : l’Église peut-elle se permettre de rester en retrait symbolique lorsque la vie humaine est quotidiennement fauchée ?


