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Néhémie Mwilanya dénonce l’« enlèvement » d’Aubin Minaku et fustige une dérive autoritaire du pouvoir

La scène politique congolaise est une nouvelle fois secouée par une vive polémique après l’interpellation nocturne d’Aubin Minaku, vice-président du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Dans une déclaration ferme et sans équivoque, Néhémie Mwilanya Wilondja, cadre influent du PPRD et ancien directeur de cabinet du Président honoraire Joseph Kabila, a dénoncé ce qu’il qualifie d’« enlèvement » orchestré par le pouvoir en place.

Dans son message largement relayé sur les réseaux sociaux et dans les milieux politiques, Néhémie Mwilanya condamne avec vigueur les circonstances de l’arrestation de l’ancien président de l’Assemblée nationale, survenue dans la nuit de samedi à dimanche. Pour lui, cet acte constitue une grave atteinte aux libertés fondamentales et un dangereux précédent dans un État qui se réclame démocratique.

« Je condamne fermément l’enlèvement, la nuit de ce samedi, de notre camarade Aubin Minaku, vice-président du PPRD, par le Pouvoir. Tenter d’imposer la pensée unique est une voie sans issue », a-t-il déclaré.

Une arrestation aux lourdes implications politiques

Selon les proches du PPRD, l’interpellation d’Aubin Minaku s’inscrirait dans un contexte de tensions politiques croissantes entre le pouvoir et l’opposition, à l’approche d’échéances majeures et dans un climat marqué par des soupçons de rétrécissement de l’espace démocratique. Le parti de l’ancien président Joseph Kabila y voit une stratégie d’intimidation visant à réduire au silence les voix critiques.

Néhémie Mwilanya estime que de telles méthodes ne peuvent qu’aggraver la crise de confiance entre les acteurs politiques et fragiliser davantage la cohésion nationale. Il met en garde contre toute tentation autoritaire qui consisterait à marginaliser l’opposition par des actions qu’il juge arbitraires.

Le dialogue politique remis en cause

Au-delà de la condamnation de l’arrestation, l’ancien directeur de cabinet du Président honoraire remet également en question toute initiative de dialogue politique dans le contexte actuel. Pour lui, un dialogue crédible ne peut exister tant que des acteurs politiques sont interpellés dans des conditions jugées illégales et contraires à l’État de droit.

« Aucune initiative de dialogue ne saurait, par ailleurs, être ni crédible ni acceptée dans ces conditions », a-t-il insisté.

Cette prise de position intervient alors que plusieurs voix, tant au niveau national qu’international, appellent à l’apaisement et à un dialogue inclusif pour faire face aux défis politiques, sécuritaires et socio-économiques du pays.

Un climat politique sous haute tension

La réaction de Néhémie Mwilanya illustre la profondeur du malaise politique qui traverse actuellement la République démocratique du Congo. Alors que le pouvoir affirme agir dans le cadre de la loi, l’opposition dénonce une instrumentalisation des institutions à des fins politiques.

Dans l’attente de clarifications officielles sur les motifs exacts de l’interpellation d’Aubin Minaku, cette affaire risque de raviver les tensions et d’alimenter le débat sur le respect des libertés publiques, la séparation des pouvoirs et la sincérité des engagements du gouvernement en faveur de la démocratie.

Par Coco Kingson Cabamba

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