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les FARDC accusent l’armée rwandaise et la coalition AFC/M23 de stratégies de chaos après leur retrait

Soldiers patrol as thousands of people fleeing fighting in Congo’s South Kivu province arrive in Cibitoke, Kansega, Burundi, Thursday, Dec. 11, 2025. (AP Photo/Berthier Mugiraneza)

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont publié, ce vendredi, un communiqué officiel alertant l’opinion nationale et internationale sur ce qu’elles qualifient de nouvelles stratégies de déstabilisation attribuées à l’armée rwandaise et à ses supplétifs de la coalition AFC/M23, après leur retrait de certaines zones occupées à l’Est du pays.

Selon l’État-major général des FARDC, ces manœuvres viseraient à instaurer l’insécurité et le chaos dans plusieurs agglomérations stratégiques, notamment Goma et Bukavu, chefs-lieux respectifs des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, sur le modèle des événements déjà observés à Uvira.

Pillages et destructions planifiés à Uvira

Dans leur communiqué de presse n°03 du 23 janvier 2026, les FARDC rappellent que la veille de l’évacuation de la ville d’Uvira par les forces rwandaises et les rebelles de l’AFC/M23, des actes systématiques de pillage ont été enregistrés. La ville aurait été laissée à la merci de bandes de pillards organisées, entraînant d’importants préjudices matériels pour la population civile.

L’armée congolaise affirme que ces exactions auraient été planifiées lors d’une réunion tenue le samedi 17 janvier 2026 à Uvira, impliquant les Forces de défense du Rwanda, les rebelles de l’AFC/M23 ainsi que leurs alliés TWIRANEHO et RED TABARA.

Infrastructures détruites et communautés instrumentalisées

Toujours selon les FARDC, cette réunion aurait conduit à la décision de détruire des infrastructures étatiques et privées, d’emporter du matériel de réhabilitation routière ainsi que des véhicules appartenant à l’État congolais. Les forces mises en cause auraient également cherché à instrumentaliser les communautés locales du Sud-Kivu, pourtant décrites par l’armée congolaise comme vivant depuis plusieurs décennies en parfaite harmonie sous la protection des forces de défense et de sécurité nationales.

Les FARDC dénoncent par ailleurs ce qu’elles qualifient de campagne de désinformation, élaborée dans les officines de l’armée rwandaise, attribuant faussement aux forces congolaises des actes de maltraitance à l’encontre de certaines communautés de la province.

Déploiement sécuritaire et protection des civils

Face à ces accusations, l’armée congolaise indique que plusieurs médias indépendants locaux ont confirmé qu’à la reprise de la ville d’Uvira, les FARDC ont immédiatement déployé des dispositifs de sécurité et de protection en faveur de toutes les communautés, sans distinction.

Le communiqué souligne notamment la situation de la communauté Banyamulenge, dont une partie aurait refusé toute instrumentalisation par les forces rwandaises et les groupes armés affiliés, préférant rester à Uvira sous la protection des forces loyalistes congolaises.

Engagement contre les crimes graves et défense de l’intégrité territoriale

Les FARDC réaffirment leur attachement strict aux résolutions internationales, au droit international humanitaire et au droit de l’homme. Elles préviennent qu’elles ne toléreront aucun acte visant à planifier ou exécuter des crimes de masse, y compris des actes assimilables à un génocide, sur le territoire congolais.

En conclusion, l’armée congolaise réitère avec fermeté sa détermination à défendre l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo et à protéger toutes les communautés ainsi que leurs biens, « jusqu’au sacrifice suprême », selon les termes du communiqué signé par le lieutenant-colonel Mak Hazukay, porte-parole a.i. des FARDC.

Par Coco Kingson Cabamba

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