
L’essayiste et journaliste franco-camerounais Charles Onana a vivement réagi aux récentes déclarations de l’ambassadrice du Rwanda aux États-Unis devant le Congrès américain, estimant que celles-ci constituent une reconnaissance implicite du soutien de Kigali aux milices du M23, actives dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans une déclaration rendue publique, l’auteur de Holocauste au Congo : l’omerta de la communauté internationale affirme que cette prise de parole diplomatique confirme, selon lui, les thèses et révélations développées dans ses ouvrages, aujourd’hui au cœur de procédures judiciaires en France.
« Une reconnaissance sans détour »
Charles Onana remercie publiquement l’ambassadrice rwandaise pour ce qu’il qualifie de « séquence de vérité », estimant que ses propos devant les élus américains brisent involontairement « la loi du silence » autour de l’implication du Rwanda dans le conflit armé qui ravage l’Est de la RDC depuis plusieurs décennies.
Pour l’écrivain, cette déclaration officielle vient renforcer les accusations portées de longue date contre Kigali, notamment celles faisant état d’un soutien logistique, politique et militaire aux groupes armés opérant dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Des poursuites judiciaires qualifiées de « harcèlement »
L’auteur dénonce par ailleurs ce qu’il considère comme un harcèlement judiciaire, affirmant que ses deux ouvrages — Holocauste au Congo et Rwanda, vérité sur l’opération Turquoise — font l’objet de poursuites devant les juridictions françaises non pas pour leurs contenus factuels, mais dans le but de le discréditer personnellement.
« Aucun contradicteur n’a osé m’affronter intellectuellement, point par point, sur les faits que j’expose », soutient-il, estimant que l’absence de débats scientifiques ou historiques rigoureux a conduit ses détracteurs à instrumentaliser la justice.
Une lecture politique et historique assumée
Charles Onana établit également un parallèle entre la longévité au pouvoir du président rwandais Paul Kagame, à la tête du pays depuis 1994, et celle de l’ancien président zaïrois Mobutu Sese Seko, soulignant ce qu’il décrit comme une contradiction entre le discours démocratique officiel et la réalité politique rwandaise.
Selon lui, la situation actuelle illustre une continuité historique marquée par l’impunité et le silence de la communauté internationale face aux crimes commis dans la région des Grands Lacs.
Un message adressé aux Congolais
Dans sa sortie médiatique, l’écrivain interpelle directement l’opinion congolaise, l’invitant à s’interroger sur les raisons pour lesquelles ses travaux sont, selon lui, ciblés par des actions judiciaires répétées en un laps de temps relativement court.
Il conclut en saluant ironiquement la prestation diplomatique de l’ambassadrice du Rwanda, estimant qu’elle a, sans le vouloir, apporté un éclairage inédit sur un conflit longtemps entouré d’ambiguïtés et de non-dits.



