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Butembo, Mbindule Mitono accuse Joseph Kabila d’être derrière les violences attribuées aux ADF

L’intervention du député national Mbindule Mitono lors du meeting populaire « Kitandawili », tenu à Butembo, a provoqué une onde de choc sur la scène politique congolaise. Devant une foule nombreuse, l’élu a formulé de graves accusations contre l’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange, qu’il a directement mis en cause dans les tueries de civils attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF) dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Selon le député, l’insécurité persistante dans le Nord-Kivu ne saurait être analysée uniquement sous l’angle des groupes armés étrangers ou terroristes. Il a soutenu qu’il existerait une responsabilité politique interne, affirmant que ces violences seraient « commanditées » dans le cadre d’une stratégie de déstabilisation planifiée.

Une déclaration attribuée à Kingakati en 2013

Au cours de son intervention, Mbindule Mitono a rappelé une déclaration que Joseph Kabila aurait tenue en 2013 à Kingakati, au cours de laquelle l’ancien chef de l’État aurait affirmé que le Nord-Kivu deviendrait « pire que la Casamance et le Cachemire ». Pour l’élu, cette déclaration constitue un élément troublant, qu’il présente comme une annonce anticipée du chaos sécuritaire qui frappe aujourd’hui la région.

Il estime que les massacres de civils, les déplacements massifs de populations et l’instabilité prolongée viendraient donner corps à cette prédiction, qu’il interprète comme le signe d’une volonté délibérée.

ADF et M23 : une même logique de déstabilisation, selon l’élu

Poursuivant son intervention, le député a également affirmé que les ADF ne seraient pas les seuls instruments de cette insécurité. Il a soutenu que le M23 s’inscrirait dans la même dynamique, indiquant que certains notables du Nord-Kivu auraient, par le passé, présenté Joseph Kabila comme le parrain politique de ce mouvement rebelle.

Ces propos, tenus sans présentation publique de preuves au cours du meeting, ont néanmoins été accueillis par de vives réactions au sein de l’assistance, traduisant la profondeur du malaise sécuritaire et politique dans l’Est du pays.

Des accusations lourdes dans un contexte politique tendu

Les déclarations de Mbindule Mitono constituent l’une des prises de position les plus directes visant un ancien président de la République dans le débat public congolais récent. Elles interviennent dans un contexte marqué par la recrudescence des violences armées, la pression de l’opinion publique et la quête de responsabilités dans la tragédie humanitaire qui touche le Nord-Kivu depuis plusieurs années.

À ce stade, aucune réaction officielle de Joseph Kabila ou de ses proches n’a été enregistrée. Les autorités judiciaires ne se sont pas non plus prononcées sur d’éventuelles suites à donner à ces accusations.

Par Coco Kingson Cabamba

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